Zéro Mika : Le changement prendra du temps

Zéro Mika : Le changement prendra du temps

Rien ne semble avoir changé dans les ruelles étroites de certains souks. Les sacs et sachets en plastique sont toujours omniprésents que ce soit chez les revendeurs d’épices, les vendeurs de volailles ou les poissonniers.

Vendredi 1er juillet, la loi n°77-15 interdisant la fabrication, la distribution ainsi que l’utilisation des sacs en plastique, est entrée en vigueur. Curieux de savoir si cette loi a réellement changé quelque chose, ALM a fait un petit tour chez les commerçants et marchands ambulants dans plusieurs lieux de commerce à Casablanca.

Le constat est le même presque partout, rien ne semble avoir changé dans les ruelles étroites de certains souks. Les sacs et sachets en plastique sont toujours omniprésents que ce soit chez les revendeurs d’épices, les vendeurs de volailles ou les poissonniers. Les détaillants qui se promènent entre les clients et proposent une «Mika» à qui la veut font eux aussi toujours partie du décor.

A l’instar du marché de Hay Hassani où tous les propriétaires de fonds de commerce utilisent encore les sacs en plastique pour donner aux clients leurs emplettes. Quand on leur parle de la nouvelle loi, la réponse est unanime au sein de cette communauté: ils continueront à utiliser la fameuse «Mika».

Bien que la réponse soit la même, les raisons sont différentes. Certains ont juste décidé de faire la sourde oreille à la loi, d’autres assurent que les sacs et sachets en plastique ne risquent pas de disparaître de sitôt du Maroc car ils y sont présents depuis plus d’une décennie. Comment cela est-il possible ? Eh bien, la majorité de ces commerçants et revendeurs a à sa disposition des sachets qu’elle avait préalablement stockés afin de pouvoir continuer leur travail tranquillement. Ce constat n’est pas fait seulement au niveau des marchés, mais aussi au niveau des détenteurs de petits commerces et des épiciers lorsqu’ils pèsent les olives et autres condiments que les Marocains utilisent régulièrement. Il y a certes l’exception d’une ou deux personnes qui utilisent des journaux ou des feuilles de cahiers et livres déjà utilisés par défaut, comme nous l’a confié un vendeur ambulant de menthe : «J’utilise du journal parce que je ne suis pas arrivé à trouver des sacs en plastique ce matin et c’est la seule raison».

Autre alternative, les journaux, livres utilisés et autres prospectus, mais qui ne sont pas sans danger pour la santé, car certaines encres peuvent contenir des traces de mercure, une substance toxique.
Bien sûr, il y a aussi ceux qui décident de respecter la loi, comme cela a été le cas avec un marchand localisé au marché du quartier C.I.L. Avec un sourire, rendant à une cliente ses épices qu’il a préalablement placées dans des papiers sans les mettre dans un sachet et en lui disant : «Comme au bon vieux temps». La raison de ce réflexe nouvellement acquis est une peur de se voir attribuer une amende plus qu’autre chose.
Puis il y a le cas des grandes surfaces qui, elles, se sont adaptées avec une facilité déconcertante à la nouvelle loi, comme nous le confirme une cliente régulière d’une de ces enseignes: «Ils proposent des sachets en papier pour tout ce qui est fruits et légumes. Quant aux condiments, les employés utilisent des barquettes en plastique». Comme on s’y attendait, les sachets en plastique sont devenus payants au sein des grandes surfaces et les sacs en papier, en tissu et les cabans réutilisables sont mis en avant.
Un changement qui ne s’opère pas seulement au sein des marchés et des grandes surfaces, mais aussi au sein de la population marocaine mais qui prendra certainement du temps.

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