Zoom sur l’école d’art culinaire Shems’y: Des cordons-bleus jaillissent des murailles de Salé

Zoom sur l’école d’art culinaire Shems’y: Des cordons-bleus jaillissent des murailles de Salé

En longeant l’avenue Sidi Moussa, sur la route côtière de Salé, se dressent les murs d’une institution pédagogique dont les vertus artistiques ne sont pas des moindres. Installée à côté du chapiteau de l’école de cirque Shems’y, l’Ecole des arts culinaires (EAC) Shems’y est le deuxième projet de l’Association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire (Amesip) qui a permis à plusieurs d’entre eux de dépasser les entraves d’une vie qui aurait pu être sans avenir.

C’est en janvier 2013 que l’EAC Shems’y a ouvert ses portes. Et depuis chaque année 70 apprentis y sont inscrits, dans le respect de la parité. Issus de familles en difficulté, 35 filles et 35 garçons reçoivent chaque année une formation gratuite hautement qualifiante, leur permettant ainsi d’échapper à l’emprise de la rue et de la délinquance. Comme à l’école de cirque Shems’y, la sauvegarde de la jeunesse de Salé -particulièrement celle peuplant Sidi Moussa-, passe par la créativité et les affinités donnant naissance à d’étonnantes aptitudes artistiques. Et là, c’est du domaine des métiers de bouche qu’il s’agit où ces jeunes intègrent tout un programme d’éducation non formelle, adapté à la profession.

A l’EAC Shems’y, la formation s’étale sur deux ans. La première année est une année de tronc commun. Elle est basée sur une bivalence arabe-français, ainsi que d’autres matières de l’enseignement fondamental dont les mathématiques et l’informatique. L’année suivante, les étudiants se spécialisent. Selon leur penchant, ils ont la possibilité d’étudier la cuisine internationale, la cuisine marocaine, la pâtisserie marocaine, la pâtisserie française, ou même le service. Des formations qui n’étaient dispensées auparavant que dans les écoles et instituts d’hôtellerie et restauration. A noter que pour ces jeunes, le rythme d’apprentissage a été construit de manière à assurer une alternance entre l’école et l’entreprise. En effet, un stage obligatoire de trois semaines en entreprise favorise l’acquisition des compétences nécessaires à l’exercice du métier.

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Parrainés par de grands chefs cuisiniers français, comme Jean Yves Leuranguer et Jacques Le Divellec (qui est également conseiller du commerce extérieur en France), les élèves de l’EAC Shems’y ont toutes les chances de devenir de vrais cordons-bleus. La prise en charge éducative permet de créer pour ces adolescents les conditions d’accès à l’insertion sociale et professionnelle par la construction d’un projet individuel, et aussi par la restauration de l’image de soi.

«Les cours de cuisine dispensés par l’EAC visent l’acquisition de techniques et se concrétisent par des réalisations culinaires valorisantes. Et c’est grâce aux mises en situation professionnelle, tant en cuisine qu’en salle, que le jeune évalue sa capacité de travailler sous le regard des clients», selon la direction de ladite école.  Aujourd’hui, l’EAC Shems’y a permis aux jeunes des murailles de Sidi Moussa de s’affirmer en tant que vrais professionnels des métiers de bouche. Ainsi ils ont pu acquérir discipline et technique de mise en place de buffets et cocktails. Ils ont également appris l’activité de traiteurs et les bases de l’hygiène alimentaire. Ils sont ainsi préparés à leurs métiers dans le cadre officiel du référentiel métier régi par le ministère de l’emploi et de la formation professionnelle qui leur délivre des diplômes d’Etat à la fin du cursus.

Enfin, quand il s’agit de sauver les jeunes de la débauche, l’Amesip ne laisse vraiment rien au hasard. Malgré la précarité du secteur où elle se trouve, l’école est un ensemble d’espaces épurés, avec même un potager à l’entrée. En arpentant les couloirs, les murs sont recouverts de différentes photographies. Ces dernières racontent parfaitement la réussite des fondateurs à pouvoir changer l’avenir d’une jeunesse compétente, qui ne demande qu’à être découverte et dévoilée.

Maryem Laftouty

(Journaliste stagiaire)

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