5ème FIFM, une belle entrée en scène

5ème FIFM, une belle entrée en scène

Toutes les conditions ou presque étaient réunies ce vendredi soir pour réussir la cérémonie d’ouverture du 5ème Festival international du film de Marrakech. Le décor, qui porte la signature du grand scénographe Bruno Graziani, artisan des célèbres prix «Molières», a été à l’image des vedettes, nationales et internationales, qui ont défilé et remarquablement posé pour les photographes sur le podium aménagé devant un Palais des congrès qui a visiblement repris des couleurs. Sur les façades, des écriteaux portant en lettres d’or des inscriptions sur la cartographie d’une fête qui laissait planer le suspense. L’Algérienne Yamina Benguigui, Etoile d’Or du 1er FIFM pour son long-métrage «Inchallah Dimanche», Catherine Deneuve, tout de rouge vêtue, Stephen Frears, le grand réalisateur britannique de «Mrs. Henderson presents», Mohamed El Jem, Abderrahim Ettounsi alias «Abderraouf», Ahmed Boulane… Marocains et non Marocains se sont succédé sur le fameux tapis rouge déroulé sur l’allée longeant le Palais des congrès, surmonté de quelques toiles laissant descendre des torches pour éclairer, aux yeux des fans rassemblés à l’autre bout de l’allée en quête d’un autographe ou d’une poignée de mains, le chemin des paradeurs.
A l’intérieur de la salle, les festivaliers, mis en connexion avec l’extérieur par un effet de smatch, gardaient les yeux rivés sur des petits écrans de télé pour apprécier un aéropage de célébrités qui se livraient volontiers aux coups de flashs qui les mitraillaient infiniment. A l’entrée des nombreuses salles du palais, on se précipitait pour chercher une place. Mais voilà, un bataillon de cinéastes marocains, réalisateurs et comédiens confondus, faisaient le pied de grue devant les escaliers. Aziz Salmi, jeune réalisateur, avait l’air furieux. «A chaque édition, on est confinés aux dernières rangées», s’indigne-t-il. Tenace, il a fini par réparer « l’affront » fait à ses collègues et amis. Après avoir fait part de sa vexation auprès de Melita Toscan du Plantier, directeur artistique du FIFM, il a pu accéder avec ses compagnons à l’endroit souhaité : le parterre. Ce fut la seule ombre au tableau. Pour le reste, l’impatience était de mise dans la salle. Mais voilà, une voix tranche avec le chahut qui régnait… On reconnaît la voix de Rachida Khalil, la comédienne franco-marocaine prédisposée à la présentation et à l’animation de la soirée. Après les souhaits de bienvenue, place rapidement à un court-métrage sur les moments forts des quatre dernières éditions du FIFM. Des moments privilégiés avec Sir Sean Connery, Ridley Scott, Gad El Maleh, Jamal Debbouze, Aïshwaria Rai, Bacchan, Oliver Stone… Ce sont là quelques traces indélébiles d’un festival qui, comme l’a si bien dit Noureddine Saïl, vice-président délégué de la Fondation du Festival, «grandit d’année en année». Même son de cloche chez Ahmed Boulane, «le festival n’est plus maintenant un bébé, il est passé du stade de l’inconscient à celui du conscient», se réjouit-il. Constat confirmé par des invités de marque de cette soirée, comme l’immense Martin Scorsese qui, avec Amidou ont été ce vendredi les clous de la soirée d’ouverture. L’hommage qui a été rendu ce soir à ces deux icônes du cinéma mondial a été ponctué de deux moments très forts : les larmes de joie d’Amidou, acteur-fétiche de Claude Lelouche, et la chaleureuse accolade donnée par Scorsese à Omar Sayed, l’actuel numéro 1 de Nass El Ghiwane. Après avoir interprété un morceau de la chanson «Ya Sah», reprise par Scorsese dans son film-culte «La dernière tentation de Jésus Christ», avec ses compagnons Rachid et Hamid Batma, frères du regretté Larbi, Omar Sayed était allé saluer celui qui considérait Nass El Ghiwane comme les «Rolling Stones de l’Afrique» : Martin Scorsese.
Pour conclure, l’émotion y était… inoubliable.

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