Abdelilah Hifdi : «Il y a des dysfonctionnements au niveau des ports»

Abdelilah Hifdi : «Il y a des dysfonctionnements au niveau des ports»


ALM : Quel est l’objectif précis de cette rencontre ?
Abdelilah Hifdi : Cette réunion qui a regroupé les différents opérateurs du transport utilisateur du port de Casablanca s’inscrit dans le cadre de l’amélioration de la sécurité routière. Elle a été consacrée à la sécurisation des conteneurs ainsi qu’aux dispositions d’incitation au renouvellement du parc des véhicules vétustes.
Il y a d’importants dysfonctionnements générés au niveau des ports. Le port de Casablanca est le plus exposé à ce genre d’insécurité dans la mesure où il concentre à lui seul 90% du trafic de conteneurs au niveau national.
Les 10% restants reviennent aux  ports de Tanger et d’Agadir. L’activité concernant les conteneurs a connu une importante croissance pour atteindre au cours de l’année 2007 plus de 20% soit au total 700.000 conteneurs ont été traités. Ce chiffre atteindra plus de 1 million en 2010. Le développement de la conteneurisation implique des mesures de sécurisation aussi bien du secteur public que des opérateurs privés. Cette rencontre a permis de mettre l’accent sur la surcharge des véhicules qui demeure un réel problème. La charge ne doit pas dépasser 25 tonnes avec une tolérance de 10%. Il y a encore un mois, un accident était survenu sur la route côtière de Casablanca à cause d’une surcharge. Le véhicule transportait une charge de 60 tonnes au lieu de 25 sans compter l’état mécanique du véhicule qui laissait à désirer. C’est pourquoi, il faut agir sur l’utilisation des twists locks.

Quelles sont les mesures et les opérations qui vont être entreprises prochainement?
Il est primordial d’agir sur le contrôle et de se pencher sérieusement sur la surcharge et les défaillances au niveau des équipements. Pour résoudre les problèmes posés par la surcharge, il a été décidé de la juguler au niveau du port de Casablanca. Ainsi, le PTAC de tous les véhicules qui sortent chargés de ce port seront systématiquement contrôlés lors de leur pesée par les ponts bascules appartenant à MARSA Maroc.  
Parmi les mesures prioritaires, figure aussi le renouvellement du parc qui sera lancé dès ce mois de mars. Il faut noter que les montants proposés aux opérateurs concernés ont été revus à la hausse grâce à une augmentation de la dotation annuelle qui est passée de 120 millions de dirhams en 2006 à  170 millions de dirhams en 2008. Ce qui porte les crédits alloués au titre de l’exercice 2008 à 510 millions de dirhams.

Qu’en est-il du plan d’action visant la modernisation et la restructuration du transport routier ?
Ce plan d’action a été mis au point par une commission ad hoc composée des représentants de la Fédération du transport de la CGEM et de la direction des transports routiers. Ce plan comporte plusieurs mesures destinées à améliorer l’environnement juridique de l’entreprise de transport routier des marchandises. Ces mesures visent aussi l’instauration des formations des conducteurs  ainsi que la modernisation du contrôle routier, son unification, sa planification et sa déconcentration. Ce plan a été proposé par la Fédération du transport de la CGEM afin d’être traduit en contrat-programme entre le gouvernement et la profession de transport routier de marchandises pour la période 2008-2010.
Quelle lecture faites-vous actuellement du secteur ?
Il ne s’agit  pas d’un problème de vision mais plutôt de la vitesse de réalisation. Le secteur des transports évolue et se modernise. De nouvelles sociétés ont vu le jour et ont permis la création d’emplois. Il y a des progrès qui ont été réalisés au niveau des infrastructures. Cela dit, ce secteur est confronté à d’importantes difficultés.Toute la réglementation juridique est à revoir. Il y a encore beaucoup de contraintes. Il faut « révolutionner » ce secteur.

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