Benaceur Boulaajoul : Une nouvelle approche de communication

Benaceur Boulaajoul : Une nouvelle approche de communication

ALM : Pourquoi les multiples campagnes de communication n’ont pas eu d’effet sur les usagers de la route sachant qu’il y en avait même des plus choquantes ?
Benaceur Boulaajoul : Vous savez, on a changé notre stratégie à partir de la deuxième moitié de l’année 2012. J’ai été officiellement nommé le 6 décembre 2012 et j’avais assuré l’intérim depuis le mois de juin 2012. Je suis convaincu de l’importance des actions intégrées impliquant gendarmes, DGSN… Nous avons lancé une grande opération avec la star marocaine Mehdi Bennani où l’on a montré au grand public un test de vitesse… Pour réussir cette action, nous avons mobilisé tous les acteurs pour accentuer la fréquence des contrôles tout en diffusant cette campagne. Nous avons aussi initié une nouvelle action en parlant pour la première fois du glissage ! Nous ne le dirons jamais assez, travailler sur le comportement des usagers de la route est un travail de longue haleine qui s’inscrit dans la durée. Il faut désormais une nouvelle approche. On a déjà travaillé sur la dramatisation, aujourd’hui il est temps de s’adresser au cerveau du citoyen !

Quels sont les axes de cette nouvelle approche ?
C’est une approche scientifique privilégiant l’expérimentation. Il faut dorénavant interpeller la conscience du citoyen et le convaincre. Vous savez, le citoyen marocain est intelligent et a besoin, pour être convaincu, d’expérimentation, d’études, de chiffres… D’ailleurs, dans la campagne avec Mehdi Bennani, nous avons montré aux gens une expérience scientifique et ses résultats !

Certains disent que le Marocain est un bon conducteur… indiscipliné. Qu’en dites-vous ?
Il y a une part de vérité parce qu’on a constaté le principe de Pareto chez les usagers de la route. Ce domaine est régi par la loi des 80/20. On a ainsi 10% des conducteurs qui sont très disciplinés, très respectueux des règles et des lois, et ce par nature. Et on a 10% des conducteurs qui sont frauduleux partout. Et enfin, il nous reste les 80% que nous devons convaincre pour les ramener à avoir le même comportement que les premiers 10%. C’est la responsabilité de tous puisqu’on sait aussi que 80 % des causes des accidents de la circulation sont liées au facteur humain.

Justement, «4.000 tués… nous sommes tous responsables !» est le thème de cette Journée nationale de la sécurité routière. Pourquoi avez-vous mis l’accent sur la responsabilité de tous ?
Effectivement, l’édition 2013 de la Journée nationale de la sécurité routière est célébrée sous le thème «4.000 tués… nous sommes tous responsables !». L’objectif final est de mettre en valeur l’importance du partenariat et de la coopération en matière de gestion du dossier de la sécurité routière. Le choix de ce thème s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’approche participative du gouvernement qui se base sur trois principes, à savoir l’engagement, le partenariat et la responsabilité. L’engagement passe par l’ouverture sur les différents intervenants et acteurs concernés par la sécurité routière en vue de garantir leur implication pour l’amélioration des conditions de sécurité des usagers de la route.
Le partenariat commence par l’unification des efforts de tous les intervenants dans le cadre d’une vision claire afin de garantir la cohérence et l’efficacité des interventions basées sur une approche participative et intégrée. Et enfin, la responsabilité avec l’ancrage de la culture de responsabilité collective et individuelle dans le domaine de la sécurité routière concernant à la fois les établissements concernés et les différentes catégories des usagers de la route.

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