Communauté marocaine à l étranger : Les MRE rattrapés par la crise

Communauté marocaine à l étranger : Les MRE rattrapés par la crise

Durs sont les temps pour les Marocains résidant à l’étranger. La crise économique et financière qui secoue l’Europe n’est pas sans conséquences sur la communauté marocaine installée en Europe. Et c’est en Espagne que les MRE pâtissent le plus des effets néfastes des plans de rigueur et du marasme du marché de l’emploi.  «Comme il existe une forte concentration des MRE dans cinq grands pays de l’Union européenne (France, Espagne, Italie, Belgique et Pays-Bas) qui regroupent, à eux seuls, près de 80%, le taux de chômage est deux fois plus élevé chez nos concitoyens qu’au sein de la population autochtone, surtout dans les secteurs d’activité les plus touchés comme le bâtiment», a annoncé  à ALM Abdellatif Maâzouz, ministre délégué chargé des Marocains résidant à l’étranger (MRE).
Et d’ajouter : «En Espagne, le nombre des Marocains sans emploi est de l’ordre de 155.000 sur une population marocaine de 835.000». Entre 2007 et 2011, la crise a causé la perte de 33% des emplois pour les hommes (97.000 emplois), parmi les Marocains établis dans la péninsule ibérique, par contre 2,7% des femmes ont trouvé 2.000 emplois supplémentaires. Ces statistiques ont été révélées dans un rapport du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) sur «la crise et l’émigration marocaine en Espagne 2007-2011», publié en juin dernier. La période 2009-2011 a enregistré 16.000 licenciements, poussant les titulaires à se rabattre sur les emplois illégaux avec une progression de 15.000. C’est ainsi que la moitié de la population active s’est retrouvée au chômage, y compris 68,8% des jeunes de la communauté marocaine qui se sont retrouvés sans emploi, selon le CCME.
On note, de même source, une augmentation considérable des familles dont tous les membres supposés actifs sont au chômage, avec un taux de 32% de l’ensemble des ménages. «Les émigrés qui travaillent détiennent, en général, des emplois qui exigent des qualifications modestes, ce qui fait que les membres de la communauté marocaine ne perçoivent que des revenus inférieurs à la moyenne», lit-on dans ce rapport qui relève que les indicateurs de chômage, de précarité et de travail saisonnier, parmi la communauté marocaine, sont les plus élevés.
Pour atténuer les conséquences sociales et économiques de la crise financière globale sur les migrants, le département de tutelle a mis en place un plan d’action comprenant trois axes. «Il y a, de prime abord, des mesures préventives pour préserver les droits des MRE dans les pays de résidence qui sont suivis d’un accompagnement en partenariat avec la Fondation de la Banque Populaire en encourageant l’entrepreneuriat migrant et en tenant compte des spécificités du financement, de la formation et du renforcement des capacités managériales des porteurs de projets», souligne M. Maâzouz. Le département de tutelle s’intéresse également aux domaines de la préservation des droits sociaux et de la protection sociale et ne ménage aucun effort pour mettre à la disposition des MRE les informations relatives aux démarches qui peuvent faciliter leur mobilité entre différents pays d’accueil ou entre ces derniers et leur pays d’origine.
Par ailleurs, le rapport du CCME prévoit que les effets de la crise qui sévit en Espagne seront ressentis dans la société marocaine, notamment avec le recul des transferts des immigrés de près de 144 millions d’euros (-33 %) durant la période 2007-2011, selon les chiffres de la Banque centrale espagnole.
Aussi, le rapport met en garde contre les divers dangers découlant de cette situation économique difficile. Il s’agit notamment de la perte de revenus, des difficultés d’accès aux matières essentielles, de l’augmentation des pressions psychologiques et des problèmes de santé, des risques de pertes de logement à cause de l’incapacité de rembourser les prêts, de l’éventualité de la hausse du nombre des immigrés clandestins découlant du non-renouvellement des titres de séjour, en plus de la progression de certains phénomènes comme la xénophobie et l’islamophobie.

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