Des bienfaits du mois sacré de Ramadan

Des bienfaits du mois sacré de Ramadan

Comme chacun sait, les musulmans du monde entier, plus d’un milliard d’individus, ont l’habitude, depuis des siècles, c’est-à-dire depuis l’avènement de l’Islam, de célébrer, une fois l’an, le mois sacré du Ramadan. D’un point de vue strictement religieux, le Ramadan, est-il besoin de le rappeler, équivaut à un mois de piété, de recueillement, de repentir, d’abstinence ou de privation. Ce laps de temps de trente jours, tout musulman le voue ou le consacre exclusivement, tel un don ou une offrande, à l’adoration de son créateur, Allah (Dieu). L’ultime but étant, en définitive, de se rétracter, de faire son autocritique ou son «mea-culpa», de solliciter le pardon divin, la clémence d’Allah, pour les péchés commis antérieurement, ou, tout au moins, l’année écoulée. Allah étant, par essence, bon et miséricordieux, il ne fait aucun doute qu’Il consent, en ce mois béni, à répondre favorablement à nos prières et à nos supplications. Et ce, bien entendu, sans préjuger des éventuels et inévitables péchés que nous serions appelés à commettre ultérieurement…..Qu’à cela ne tienne, puisque Ramadan vient, chaque année, à point nommé ou à bon escient pour absoudre nos fautes et expier nos péchés Sur un tout autre plan, celui du retentissement du jeûne du Ramadan (Assiam) sur l’organisme humain, on a coutume généralement de parler des méfaits mais moins souvent, peut- être, des bienfaits de ce mois sacré et vénéré s’il en est. Sans qu’il soit question ici de dresser une liste exhaustive de ses bienfaits, tant ils sont nombreux, on se limitera tout au plus à en citer quelques-uns des plus notoires ou des plus méritoires. Le Ramadan est, tout d’abord, un excellent exercice à la fois spirituel et matériel Exercice spirituel, en premier lieu, en ce qu’il donne au croyant l’occasion de tester la force ou l’intensité de sa volonté. Celle-ci étant, bien évidemment, sous-tendue par l’intensité de sa foi. Dès lors, le Ramadan qui est généralement perçu par le commun des mortels, comme une contrainte ou une astreinte, revêt au yeux du musulman, du croyant, une toute autre signification : de péjorative qu’elle pouvait l’être, au départ, pour peu qu’on s’y trompât, elle devient enrichissement, extase, épanouissement du corps et de l’esprit. C’est, en un mot, la primauté ou la transcendance de la volonté de l’individu qui se manifeste dans toute sa noblesse et toute sa grandeur. Il en résulte que le jeûne du Ramadan ne requiert plus un effort particulier de celui qui le pratique mais apparaît, bien au contraire, à ses yeux, comme la chose la plus naturelle qui fût, parce que voulue et souhaitée par lui. A telle enseigne que, bien souvent, ne soyons pas étonnés d’entendre certains de nos coreligionnaires nous dire, sur le ton le plus sincère et le plus enthousiaste : « Ah ! si le Ramadan pouvait se prolonger toute l’année!». Comme on les comprend! Exercice matériel, ensuite. Car, c’est, à n’en pas douter, un exercice d’endurance physique, une sorte d’entraînement de notre organisme à lui faire subir l’épreuve du jeûne, de la privation de nourriture, aussi bien solide que liquide, voire la privation de toutes sortes de plaisirs charnels. Chose qui, dans certaines circonstances particulièrement difficiles de la vie, peut non seulement ne pas se révéler inutile, mais, parfois même, revêtir un caractère salutaire. Sans compter que c’est là, également, une incomparable et unique leçon de solidarité envers tous ceux de nos concitoyens que la vie n’a pas gâtés, autrement dit avec tous les démunis, tous les pauvres, tous ceux et toutes celles qui ne mangent pas à leur faim, tout le long de l’année. Le Ramadan est un irremplaçable rempart, «providentiel», contre la fuite du temps. De tout temps, l’homme a été obsédé en même temps qu’effaré, précisément, par la fuite du temps et par son inéluctable destin de mortel. Que n’a-t-on souvent entendu, autour de nous, les gens se plaindre de ce que le temps passe trop vite, à la vitesse grand V, de ce que la vie est courte, voire trop courte, etc…. ? Hé bien, voilà avec le Ramadan, une occasion inespérée de «stopper», de mettre un frein à cette course infernale du temps! Après tout, il faut bien se rendre à l’évidence : durant ce mois à nul autre pareil, dont nous attendons, chaque année, l’avènement ou la survenue avec plus ou moins d’impatience- selon l’intensité de notre foi, bien entendu….-, le temps ne passe pas vite. Les journées, aussi courtes soient-elles, notamment en automne et en hiver, nous paraissent infiniment longues. Ne parlons pas des dernières minutes de la journée, juste avant le «chant» du muezzin, qui nous annonce la rupture du jeûne à l’heure du coucher du soleil, minutes qui s’avèrent interminables. Et puis, il y a les longues et fameuses nuits du Ramadan, qui n’en finissent pas…… Si l’on devait élire le mois le plus long de l’année, ce serait, à n’en point douter , celui du Ramadan. «Ã” temps, suspends ton vol !», s’exclamait je ne sais plus quel poète du 19ème siècle. Or, voici, très justement, un voeu qui se trouve exaucé de la façon la plus naturelle et la plus magistrale qui fût, avec, donc, l’avènement de cette période particulière de l’année, laquelle correspond, comme chacun sait, au 4ème pilier de l’Islam, sinon même le premier, devrait-on dire, tant il revêt, aux yeux de tous les musulmans, une importance de premier plan. Le Ramadan est un précieux auxiliaire du malade et de son médecin. Le Ramadan est soit un « révélateur» de pathologies méconnues jusque là, soit, surtout, apparaît comme l’occasion propice pour prêter davantage d’attention et de soins aux pathologies déjà existantes, connues, telles que le diabète( dont on célèbre ces jours-ci la Journée internationale), maladie très répandue dans nos contrées, certains troubles digestifs comme les ulcères gastro-duodénaux (lesquels contre-indiquent, généralement, la pratique du jeûne), et tant d’autres affections…. Ne dit-on pas, par ailleurs, que tout être bien portant est un malade qui s’ignore ? En tout état de cause, c’est là l’occasion de faire preuve de bon sens et de discernement : il ne saurait être question d’observer le jeûne à tout prix, au risque de s’exposer inutilement au danger. De même, il n’est pas question de chercher n’importe quel petit prétexte pour se soustraire à son devoir religieux et ne pas faire comme tout le monde. Le Ramadan est un «génial starter» de l’appétit. Un autre bienfait du Ramadan, celui-là directement ressenti par le jeûneur: c’est, bien évidemment, la sensation de faim et de soif surtout (généralement, la sensation de faim, après quelques jours de jeûne, est moins ressentie, grâce au centre de la faim ou de satiété situé dans le cerveau humain), et son corollaire, pourrait-on dire, l’accroissement de l’appétit. En temps normal, avec le stress de la vie moderne, on a de plus en plus tendance à se mettre à table pour manger sans ressentir, forcément, un quelconque appétit. On mange «pour la forme», parce qu’il faut manger. Et encore ! Que de fois, c’est le sandwich avalé à la va-vite ou, encore, le fast-food si cher devenu à bon nombre de nos contemporains et à l’origine de nos ennuis digestifs et j’en passe….. Or, quand on a passé toute une journée sans boire, sans manger (et sans «fumer», pour les amateurs de tabac, et Dieu sait si la cigarette est un excellent coupe-faim !), comme c’est donc le cas pendant le Ramadan, avec quel réel plaisir, non dissimulé, et quel réel appétit ne retrouve-t-on pas les délices de la table et du palais……. ? Nul besoin, cela va de soi, d’avoir recours, dans ces conditions, à des orexigènes stimulants de l’appétit… Autre avantage, et non des moindres, de ce mois vénéré entre tous : la fatigue salvatrice induite par le jeûne amène, sinon un sommeil réparateur et pour cause !(généralement, on ne se couche pas très tôt durant ce mois), du moins une envie et une tendance irrésistibles au sommeil, chose qu’on n’a pas toujours en temps normal, à telle enseigne que bon nombre de nos concitoyens n’y parviennent (à retrouver le sommeil, donc) qu’à force ou à «coups» de calmants ou de tranquillisants médicamenteux, ô combien nocifs pour la santé…. Abstraction faite, bien entendu, de ce besoin «impérieux» de sommeil sur les lieux du travail, mais ceci est une autre histoire, qui nous éloigne de notre propos……(à mettre, plutôt, sur le compte des «méfaits» du Ramadan…. ). Enfin, le mois sacré de Ramadan demeure, peut-être, l’occasion rêvée, inespérée de se débarrasser, une fois pour toutes, de quelques-unes de ses mauvaises habitudes, telles que l’alcool, le tabac, dont, par ailleurs, il est très difficile de se défaire en temps normal, de par son seul désir ou sa seule volonté. En conclusion, on pourrait en dire encore bien davantage sur les bienfaits du Ramadan. La nuit n’est pas assez longue pour les énumérer. Aussi, nous semble-t-il plus raisonnable de ne pas aller plus avant dans cette énumération, et, pourquoi pas, de laisser au lecteur le soin de deviner ou de se remémorer tous ceux que nous n’avons pu citer, ici, ne fût-ce que pour ne pas l’ennuyer ou l’importuner davantage par une lecture qui risquerait, sans doute, à la longue, de lui devenir fort fastidieuse, si elle ne lui occasionnait, de surcroît, et à Dieu ne plaise, une fâcheuse indigestion. Chose qui, durant ce merveilleux et chaleureux, convivial, mois de Ramadan( aussi long mais, également, aussi court fût-il, tant il est vrai que lorsqu’il touche à sa fin, on commence déjà à le regretter…..), demeure, bien évidemment, formellement déconseillée…

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