La politique des grands chantiers (2)

La politique des grands chantiers (2)

De la mise à niveau de l’économie nationale aux grands projets structurants, en passant par la conclusion d’accords de libre-échanges avec les plus grandes puissances économiques et de contrats-programme entre le gouvernement et le secteur privé…Établir le bilan des réalisations de SM le Roi Mohammed VI à l’issue de ses cinq premières années de règne est un exercice instructif. Car depuis l’intronisation du Souverain en juillet 1999, le Maroc n’a cessé d’accélérer la cadence de sa marche vers la concrétisation et de consolidation des acquis que s’était assignés Feu Hassan II, en donnant un autre élan à l’économie nationale. Plusieurs chantiers dans une presque infinité de domaines ont été entamés.
Certains parmi eux sont désormais achevés. Le Maroc emprunte, lentement mais sûrement, guidé en cela par les hautes instructions royales et par un travail sur le terrain de S.M Mohammed VI, une voie de mise à niveau, tous azimuts, pour relever le défi du développement tant attendu du pays. Un développement grevé par le passif de plusieurs années de léthargie sous laquelle croulait l’économie nationale et une logique de rente solidement ancrée.
Un effort de mise à niveau nationale porteur de tous les espoirs, notamment en matière de création de richesses et d’emplois, par la stimulation de l’investissement étranger et l’accroissement de la productivité de notre économie pour la rendre encore plus compétitive.
Depuis son accession, le Souverain a adopté dans cette perspective une politique économique agressive et cohérente ayant une vision claire et des priorités bien définies: la relance de l’économie nationale. Avec un sens de l’engagement jamais démenti et un esprit d’initiative très fort, le Souverain a multiplié les sorties aussi bien sur le plan national qu’international.
Sur le plan international, la période 1999-2004 aura été marquée par la mise en place des premiers jalons d’une zone de libre-échange avec les Etats-Unis. Objectif : favoriser les échanges commerciaux et renforcer le partenariat entre les deux pays. Lors de son voyage aux Etats-Unis, en 2002,le Souverain a exprimé son souhait de porter les relations économiques maroco-américaines au niveau supérieur, comme ce fut le cas pour la Jordanie qui venait juste de finaliser un accord similaire à l’époque.
Le Maroc a également commencé à asseoir son accord d’association avec l’Union européenne, à qui il accorde des tarifs préférentiels pour les produits industriels.
Le monde arabe, l’Afrique, l’Asie, ne sont pas en reste car le Maroc, à travers le nombre de visites opérées par le Souverain, avait pour principal objectif le renforcement de la coopération et du partenariat dans le domaine économique, tant sur le plan bilatéral que régional. Le Souverain l’avait bien signalé dans le discours du Trône du 30 juillet 2002 lorsqu’il a déclaré : «L’accélération de la mise à niveau de notre économie et le passage rapide d’une économie de rente, attentiste, à une économie de marché, est de nature à nous aider à gagner le pari des accords de libre-échange avec l’Union européenne, les Etats-Unis d’Amérique et les Etats de la rive Sud de la Méditerranée signataires de la déclaration d’Agadir, et à conforter le rôle du Maroc comme axe des échanges entre les trois continents».
La politique des contrats-programmes, entre gouvernement et secteur privé, adoptée par Feu Hassan II et relancée par SM le Roi Mohammed VI atteste de la volonté du Souverain d’aller de l’avant et d’insuffler une nouvelle dynamique à l’investissement.
L’expérience réussie entamée dans le secteur du tourisme balnéaire témoigne, si besoin est, des bienfaits de ce partenariat entre l’Etat, à travers le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, et le privé. «Le Fonds Hassan II continuera à jouer le rôle d’un puissant levier en la matière», a assuré le Souverain lors du même discours, regrettant, par la même occasion, cet attentisme flagrant des opérateurs économiques qui freinent le développement économique du pays.
La politique de bonne gouvernance, dont le Maroc s’est doté pour assurer la modernisation de son économie, est sur la bonne voie et il appartient plus que jamais au secteur privé de mettre la main dans la poche, à investir davantage et à créer de la valeur ajoutée. L’Etat ne peut pas tout faire.
Le cadre réglementaire et administratif est assuré et l’autre chantier de la réforme de la justice est en cours. À cet égard, l’entrée en service des centres régionaux d’investissement va dans ce sens. La mise en oeuvre des orientations énoncées dans la lettre royale adressée au Premier ministre, en janvier 2002, au sujet de la gestion déconcentrée de l’investissement est de nature à faciliter le contact entre privé et l’Etat pour drainer davantage l’investissement.
Et pour y parvenir, plusieurs chantiers ont été annoncés par le Souverain dont la réforme de la justice, la création de l’Agence des provinces du Sud ainsi que le développement de la région du Nord. «…S’il est des régions qui focalisent notre attention, et qui incarnent notre choix stratégique de faire de la région un espace propice pour l’investissement, ce sont bien nos provinces du Nord et du Sud, dont nous entendons faire un modèle de développement régional intégré», avait déclaré le Souverain. L’objectif étant de permettre aux provinces du Nord et du Sud de se désenclaver, de réaliser leur développement intégré et de s’inscrire comme acteur et partenaire dans les échanges économiques mondiaux. Des mesures auxquels s’ajoutent bien d’autres, notamment en matière d’amélioration du climat d’affaires. L’adoption du nouveau code du travail, au début de l’été dernier, a fait pousser un immense soupir de soulagement aux chefs d’entreprise. Les conditions de recours aux contrats à durée déterminée et à l’intérim sont clairement définies. Quant aux indemnités pour rupture abusive du contrat de travail, hier laissées à l’appréciation des juges, elles seront soumises à un barème et plafonnées.
L’écoute des entrepreneurs s’est améliorée. Ils sont considérés, à présent, comme des créateurs de richesse et des impulseurs de projets. Quelques administrations commencent même à adopter les méthodes du privé. Exemple: le ministère du Tourisme, qui a la charge de mettre sur les rails le plan Azur, dont l’objectif ambitieux est de porter à 10 millions le nombre de touristes à l’horizon 2010. Moyennant, notamment, la construction de six stations balnéaires, de Plage-Blanche, au sud, à Saïdia, à la frontière algérienne.
Notre pays est engagé dans une course contre la montre dans le domaine du développement économique et social. Les enjeux sont considérables. Les défis immenses.
Les échéances sont nombreuses. A commencer par le démantèlement de l’accord multifibre, en 2005, qui livrera le secteur du textile à la concurrence pure et dure et la levée, en 2010, des barrières douanières entre l’Union européenne et le Royaume. En attendant, le Maroc reste un grand chantier. Un chantier où les priorités fixées par S.M Mohammed VI ne sont autres que l’emploi, à commencer par celui des jeunes, le développement économique et l’investissement, l’enseignement et le combat contre l’analphabétisme, et la lutte contre l’habitat insalubre.

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