La sacralité du mois de Ramadan

«Ã” les croyants, le jeûne vous a été prescrit, comme il l’a été à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété». Saint-Coran 2 :183 D’abord, ce que le jeûne du Ramadan n’est pas : il n’a pas le caractère de pénitence, comme dans d’autres religions. Dans la perspective musulmane, il jouit auprès de Dieu, d’une grâce sans équivalent avec d’autres actes de piété, c’est une abstinence concernant le corps et l’esprit. En effet, Dieu nous a donné un cerveau, un esprit merveilleux en prodige, notre corps lui-même est un miracle perpétuel. Notre corps, nos idées, nos décisions sont dirigés par notre esprit. Meilleure sera la nourriture de l’esprit, meilleures seront nos facultés et capacités de jugement, d’évaluation, meilleures seront nos initiatives. Le jeûne est ainsi perçu comme soumission totale à Dieu. Nous évoquerons donc ici, la privation de nourriture pour le corps, et son impact sur nos facultés mentales et émotionnelles, donc sur “l’esprit”. L’importance de l’alimentation Il est certain qu’à un moment de sa vie, chacun d’entre nous a pu penser que le seul élément réellement indispensable à l’être humain, pour sa survie, est l’alimentation. Tout le reste n’a pas le même caractère crucial à notre propre survie d’individu. Et pourtant. Et pourtant, notre propre Créateur, Dieu, nous impose justement de nous priver de ces mêmes nécessités de boire et manger durant nos heures d’éveil, et ce, pendant tout un mois. À première vue, cela semble contradictoire, pour le moins ! En effet, toutes analyses sommaires ou superficielles aboutissent à cette notion réductrice : contradiction. Une narration d’Ibn Hazm d’un échange entre le célèbre calife abbasside Haroun Al Rashid et son conseiller, Ibn Al Sammâk, est un exemple révélateur, entre autres, de l’importance de la nourriture. Au calife ayant demandé qu’on lui serve de l’eau, Ibn Al Sammâk demanda : • Ô Prince des croyants si cette boisson t’était refusée, que donnerais-tu pour l’obtenir ? • Je donnerais jusqu’à mon royaume tout entier, répondit-il. • Ô Prince des croyants, si tu ne pouvais éliminer cette eau de ton corps, que sacrifierais-tu pour pouvoir le faire ? Continua l’autre. • Je céderais jusqu’à mon royaume tout entier, répondit-il à nouveau. • Comment donc, Ô Prince des croyants, peut-on se réjouir de posséder un royaume qui ne vaut ni quelques gorgées d’eau, ni un peu d’urine…? Cela relativise bien des choses… Cependant, il reste néanmoins vrai que nous avons besoin de nourriture. C’est vrai que lorsqu’on se prive de nourriture pour un laps de temps quelque peu étendu, notre corps panique, comme si l’on avait installé un système de sécurité complexe ou une alarme sophistiquée. Ce même “système d’alarme” se manifeste habituellement par la faim, la soif, et une mauvaise humeur en général.En effet, les nutritionnistes nous diront qu’un refus de nourriture prolongé peut avoir comme conséquence une perte de 30% du poids du corps. Si cet état de “non-nutrition” persiste dans le temps et que le corps perd 40% de son poids, alors on meurt, de faim, et au sens premier de l’expression ! Et avant que la mort n’intervienne, les cellules du corps se révoltent et se mangent entre elles, entraînant des troubles psychologiques extrêmes.
À suivre…

Mohammad Amine Alibhaye, Islam Fraternet

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