L’automobile, un outil de travail pour le manager

L’automobile, un outil de travail pour le manager

L’automobile et le manager font plus que bon ménage. Une histoire d’amour qui a commencé à prendre, un peu partout dans le monde, avec l’essor du capitalisme et la naissance des multinationales. Des structures qui comptent généralement un nombre considérable de cadres, auquel correspond systématiquement une importante flotte de véhicules. D’où, l’apparition de la location longue durée, comme solution pour disposer de voitures de cadres sans trop grever les liquidités disponibles dans l’entreprise. Ce fut le cas d’abord aux Etats-Unis à l’aube des sixties, puis en Europe vers la fin des années 60. Au Maroc, c’est avec l’entrée dans le troisième millénaire que l’on a commencé à voir de jeunes cadres de petites et moyennes entreprises circuler dans des voitures de fonction, qu’elles soient acquises ou louées.
Mais où que l’on soit, l’automobile et le manager, c’est une idylle basée sur plusieurs critères. Avantages fiscaux de part et d’autre, outil de motivation des cadres dans l’entreprise, source de gros volumes pour le loueur ou le vendeur… l’automobile du manager est plus qu’un concept, c’est même devenu un phénomène. Pour appuyer ce constat, il suffit simplement de jeter un coup d’œil sur les grands carrefours de Casablanca, «meublés» par de nombreux véhicules haut de gamme. C’est à croire qu’il y aurait beaucoup de riches dans la capitale économique du Royaume. Ce qui n’est, bien évidemment, pas le cas. Car, pour ceux qui ne le savent pas encore, toutes ces Porsche Cayenne, Mercedes Classe E, BMW Série 3 et autres Jaguar ne sont pas toujours conduites par des clients particuliers (ou leurs chauffeurs), c’est-à-dire qui les auraient financées de leur propre argent. Faute d’indisponibilité de statistiques marocaines relatives à ce marché bien spécifique, on ne saurait donner un chiffre exact sur les voitures neuves qui, chaque année, intègrent le parc automobile national avec une carte grise portant le nom d’une entreprise. Néanmoins, il ne serait pas exagéré d’avancer qu’au moins15 à 20 % de ces autos correspond à des véhicules de société, qu’ils soient achetés en fonds propres ou pris en location longue durée (LLD).
Il est donc difficile de se faire une idée plus précise sur le volume des ventes de voitures destinées à des entreprises implantées dans le Royaume.
Mais pour donner une idée de l’ampleur du phénomène à l’étranger, on pourrait, à titre d’exemple, donner un chiffre concernant ce marché bien précis, dans un Etat européen comme la France. Ainsi, plus de 900.000 véhicules ont été vendus en 2005 à des sociétés opérant dans l’Hexagone.
Toujours dans ce pays où l’automobile est de plus en plus considérée comme un avantage en nature pour motiver les cadres, on apprend qu’une Mercedes Classe E sur deux appartient à une société ! Ce sont là, des preuves que l’automobile du manager et la flotte d’une entreprise en général constituent désormais un véritable eldorado pour les vendeurs de voitures, où qu’ils soient. Quant aux parts de marché, il est -là encore- difficile de se prononcer pour dire que ce sont les marques allemandes, françaises ou japonaises qui dominent ce marché. Ainsi, si l’on sait qu’au Maroc, les marques tricolores vendent bien plus de 407, Laguna et autres C5, que les autres… on devrait aussi préciser que dans la catégorie des berlines animées de moteurs Diesel d’au moins 140 chevaux, les premières marches du podium sont trustées par des modèles allemands comme la Volkswagen Passat (2.0 litres TDi) ou japonais telle que la Honda Accord (2.2 l i-CTDI). Les Marocains auraient-ils entamé une désaffection des marques françaises au profit des labels d’outre-Rhin ou nippons. Pas vraiment. La preuve, une voiture comme l’Opel Vectra qui correspond assez à la bonne berline statutaire du cadre moyen, est pourtant l’une des moins vendues de sa catégorie. La mauvaise image dont souffre actuellement Opel au Maroc, est pénalisante auprès des décideurs, et surtout auprès des loueurs qui prennent en compte la valeurs résiduelle du véhicule, soit son prix de revente après deux ou trois ans de circulation.
En revanche, les labels haut de gamme germaniques restent les plus prisés auprès des jeunes cadres. Beaucoup d’entres eux rêvent de rouler (ou le font déjà) au volant d’une BMW Série 3, d’une Audi A4 et surtout d’une Mercedes Classe C, même si cette dernière est actuellement en fin de carrière. Des modèles qui font partie de notre sélection présentée dans ce dossier. Un éventail de berlines qui entrent dans une gamme de prix allant de 350.000 à 450.000 DH. Pourquoi une telle grille tarifaire ? Parce que la plupart des berlines offrant une finition assez haut de gamme et d’intéressantes prestations routières (moteur V6 essence notamment) démarre à 350.000 DH. De même, et au-delà de 450.000 DH, on passe déjà à un segment autrement supérieur, celui des Audi A6, BMW Série 5 et autres Jaguar S-Type. Des grandes routières qui correspondent plutôt à des voitures de directeurs et d’administrateurs, voire de P-dg.
Or ce sont ces derniers qui jouent le rôle de décideurs dans l’octroie et l’acquisition de véhicule pour jeunes managers. L’ordre hiérarchique passe aussi par une certaine différenciation au volant !

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