Le Polisario : mafia économique

Le Polisario : mafia économique

Pour ceux qui ne connaissent pas l’organisation du Polisario, sachez que les crimes de ses responsables sont passibles d’une incrimination devant les tribunaux internationaux. Plusieurs anciens détenus du Polisario et moi-même sommes décidés à fournir toutes les preuves et tous les témoignages qu’il faut pour poursuivre les criminels du Polisario devant les instances internationales. Maintenant que nous sommes libres, notre objectif désormais est de mettre la lumière sur les exactions commises à Tindouf, et qui continuent, dans le but de faire condamner tous ceux qui ont du sang marocain sur les mains. Et ils sont nombreux. Notre but, aussi, est de montrer au monde entier et surtout aux gouvernements et aux organisations internationales qui soutiennent le Polisario que leurs aides ne vont presque jamais à leurs destinataires. Le détournement des aides humanitaires est une pratique courante à Tindouf. Je vais vous expliquer qui opère dans cette mafia et sous quelle forme. En fait, ils sont nombreux mais leurs pratiques sont les mêmes. Les principaux protagonistes de ce vaste trafic sont les plus hauts responsables du Polisario. J’ai nommé les membres du Bureau Politique du Front Polisario. Ils sont plus d’une dizaine, tous de très grands escrocs. Mohamed Abdelaziz est également un membre de ce Bureau politique. Tous ceux qui sont nommés au sein de cette instance détournent l’aide humanitaire, avec la bénédiction, voire la complicité des services secrets algériens. Celui que je connais le mieux est l’actuel directeur de la sécurité militaire, Ouel Akik. Il occupe ce poste depuis 1996, succédant à Mohamed Lamine Deddi. Comme je vous l’ai expliqué il y a quelques jours, le directeur de la sécurité militaire est le premier responsable des prisonniers marocains. Dans le cas d’Oueld Akik, cette mission, il l’a déléguée à un grand sanguinaire Oueld Khouna. Tous les prisonniers marocains connaissent Ouel Khouna. Tous, tremblent de peur rien qu’à entendre sa voix. Aujourd’hui, c’est lui qui s’occupe effectivement des prisonniers. Je reviendrais à Ouel Khouna dans les prochains jours, car j’ai eu personnellement affaire à lui quelques jours avant mon départ pour le Maroc. Quant à Oueld Akik, lui, il se contente de trafiquer. Je vous rappelle que ce sont les prisonniers qui chargent et déchargent les aides humanitaires. C’est de cette manière que j’ai réussi à rassembler un maximum d’informations sur ce réseau de trafic. Oueld Akik possède une bande complètement dédiée au détournement des aides humanitaires. Ce gang est composé de son propre frère, Hassanna, et de quatre autres hommes de confiance: El Bou Omar Jouli, Selma, Mohamed Yeslem (alias Zibour) et Maâ El Ainaine. Tout commence dans le port d’Alger à des dizaines de kilomètres de Tindouf. C’est dans ce port que débarquent les aides humanitaires, venant essentiellement de l’Union européenne (en raison du drapeau étoilé qui se trouve sur les sacs des denrées alimentaires). C’est dans des camions civils que l’aide est acheminée jusqu’à Tindouf. Elle est déchargée exactement dans des hangars appartenant au Croissant rouge Sahraoui. Jusque-là, la procédure est respectée scrupuleusement. Une fois au Croissant rouge, les denrées sont en principe distribués sur les cinq camps peuplés de Sahraouis appelés communément les réfugiés. Il s’agit en fait des familles des soldats du Polisario entassés dans des tentes. Ces camps n’ont rien à voir avec ceux où les prisonniers marocains sont détenus. Quatre des cinq camps en question ont été baptisés des noms de quatre villes marocaines des provinces du Sud: S’mara, Laâyoune, Aousserd et Dakhla. Le cinquième camp s’appelle le camp du 27 février. La bande d’Oueld Akik se dirige vers les hangars du Croissant rouge et charge plusieurs camions de denrées pour les acheminer, en principe, vers un ou plusieurs des camps des réfugiés. En fait, une bonne partie des camions ne se dirige pas vers les camps mais vers la fameuse prison d’Arrachid. Cette prison est éloignée de la route. Elle est très difficilement accessible. Les camions détournés restent dans cette prison jusqu’à la tombée de la nuit pour se diriger vers la Mauritanie, loin des regards indiscrets. C’est dans le marché mauritanien que les marchandises sont écoulées grâce à des complicités locales. Il ne s’agit pas de quelques kilogrammes mais de quantités faramineuses. Je vous donnerai également les prix de ventes sur le marché mauritanien. Les aides humanitaires sont nombreuses et les principales denrées sont l’huile, le sucre, la farine, les lentilles, les pois-chiches et le lait en poudre. Dernièrement, après une offensive marocaine à l’échelle internationale, auprès de l’Union européenne notamment, les donateurs ont commencé à vérifier l’acheminement des denrées vers les camps des réfugiés. L’Union européenne s’est rendue en Mauritanie et a découvert effectivement que l’aide humanitaire qu’elle envoyait se vendait dans les étalages des marchés mauritaniens. Un poste de contrôle est installé au siège du Croissant rouge, où les aides sont déchargées en provenance du port d’Alger. Les Européens contrôlent les quantités qui entrent et qui ressortent des hangars. Mais le problème, c’est que le détournement se fait ailleurs, c’est-à-dire entre les hangars du Croissant rouge et les camps des réfugiés. C’est pourquoi ce contrôle est en fait sans aucune efficacité. Pire. Les trafiquants ont trouvé une astuce pour éviter que les Européens ne ferment les robinets. Depuis quelques années, les trafiquants achètent des sacs vides d’Algérie pour y verser le contenu des sacs envoyés par l’Union européenne. Et avec une machine à coudre, ils ferment les sacs. Et le tour est joué. Cette astuce n’a été pratiquée que pour le sucre, la farine, les lentilles… Mais pour le lait en poudre et l’huile, les ménages en Mauritanie les achètent avec l’emballage d’origine. Pour ce qui est des prix de vente, sachez que le lait en poudre est le produit le plus prisé en Mauritanie. Le sac de 25 kg est vendu à 15.000 Ouguiyas (environ 6.000 DH), 50 kg de farines à 3.000 Ouguiyas, 50 kg de lentilles à 5.000 Ouguiyas, 50 kg de riz à 5.000 Ouguiyas également et le sac de 50 kg de sucre à 6.500 Ouguiyas. Mohamed Abdelaziz n’est pas un ange, non plus. Comme tous les autres, il a, lui-aussi, sa bande de trafiquants. Mais pour lui, le trafic est encore plus lucratif. Contrairement aux autres responsables du Polisario, les camions de Mohamed Abdelaziz ne reviennent pas vides de la Mauritanie. Non. Ils reviennent chargés de cigarettes, essentiellement des Marlboro. Dans ce trafic, tout le monde sait que les militaires Algériens sont énormément impliqués, car rien ne peut pénétrer à l’intérieur de leur territoire sans leur approbation et donc leur intéressement. Voilà ce que je sais du trafic des aides humanitaires, mais je suis sûr que ce n’est que la partie visible de l’iceberg, Wa Ma Khafiya Kana Aâdam.

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