«Le souci de la qualité est imposé par le marché»

«Le souci de la qualité est imposé par le marché»

ALM: Vous êtes l’initiateur du Carrefour de l’orientation qui se tient chaque année dans différentes villes du Maroc. Pourquoi avoir choisi l’orientation ?
Mustapha Faiq : J’ai été d’abord professeur pendant huit ans et ensuite j’ai endossé l’habit du conseiller en orientation. L’orientation est plus que décisive pour l’élève, elle est son guide pour l’avenir. L’orientation, à mon avis,  c’est la corrélation entre la personne et le métier.
Le carrefour sert donc à mettre en contact direct l’élève avec les différentes voies qu’il pourra suivre une fois le baccalauréat en poche.
Le carrefour a aussi pour objectif de permettre aux jeunes de prendre connaissance de l’actualité au niveau des diverses branches d’études. Donc, chaque année, je fais appel aux écoles supérieures privées, devenues fidèles à ce forum. Les universités ainsi que les écoles publiques sont également conviées à y participer. Mais le problème, c’est que le secteur public ne répond pas toujours présent, or, c’est le contraire pour les écoles privées.

D’après votre expérience, que pensez-vous des écoles privées au Maroc ?
Elles sont plus performantes au point de vue qualité et cela crée une certaine compétitivité saine. Nous avons des écoles privées supérieures dont la qualité de service est à la hauteur des écoles européennes. J’effectue régulièrement des visites dans ces écoles en vue de connaître justement leur fonctionnement, leur corps professoral, mais aussi leurs étudiants. Ce qui me frappe toujours, c’est la valorisation des étudiants qui construisent avec leur école plus qu’un lien fonctionnel, mais une relation affective d’appartenance même après le diplôme. Il y a une approche pédagogique qui allie le souci de l’acquisition à celui du développement de la personnalité. Les activités parascolaires jouent un rôle essentiel dans cette approche. Certaines écoles privées sont dotées d’ateliers d’improvisation théâtrale, par exemple.
Les élèves développent ainsi leurs capacités et acquièrent une confiance en soi et c’est capital pour intégrer le monde du travail. Et ce n’est pas la même chose dans le secteur public où l’on se limite à dispenser le savoir à un modèle d’élève. Ce sont des fonctionnaires qui remplissent leur mission sans aucune motivation.
D’ailleurs au cours du carrefour de l’orientation qui dure trois jours, ils ne viennent que pour une journée.
Les écoles publiques ne s’impliquent pas dans ces forums grâce auxquels elles pourraient donner une idée sur les concours qu’elles organisent. Pourtant, les stands leur sont offerts, alors que les écoles privées doivent payer leur stand. Seules quelques universités, dont l’Université Mohammed V à Agdal, participent réellement à l’événement.
Au fil du temps, les écoles privées ont réussi à s’imposer sur le plan qualité de l’enseignement. Certaines ont même des partenariats avec les plus grandes universités européennes et américaines.

Quelles sont les filières qui attirent le plus de bacheliers ?
Les filières du commerce, du management, de l’ingénierie informatique attirent un monde impressionnant. Mais les nouvelles filières du genre design, haute couture, décoration ont également une grosse demande.
Je pense qu’un bel avenir se dessine aux écoles supérieures privées. Le souci d’amélioration est imposé par le marché et plusieurs arrivent même à dépasser la qualité des écoles étrangères. Et c’est pour cela que plusieurs écoles canadiennes, françaises, espagnoles et américaines viennent ici pour chercher des partenariats à ce niveau.

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