Les maux d’un secteur

700 bus dédiés au tourisme dans tout le Maroc. Les professionnels du secteur pensent qu’il faut au minimum 2 000 pour couvrir tous les besoins du pays. Alors que les investissements touristiques dans le domaine hôtelier explosent, sur celui du transport c’est toujours le désert de Tartare. De nombreux opérateurs imputent la faiblesse des investissements consentis à une législation jugée contraignante. La durée d’exercice d’un véhicule de transport touristique ne doit pas excéder dix ans. Un transporteur touristique n’a pas le droit d’acheter un véhicule usagé de plus de quatre ans. En plus de la contrainte légale, les transporteurs doivent aussi obeir à l’exigence des Tours opérateurs qui refusent systématiquement tout véhicule de plus de quatre ans d’âge.
Aucune des principales villes touristiques du Maroc ne disposent d’un parc conséquent. La palme de la carence revient à Tanger où l’on dénombrait, début juillet, sept autocars tourismes avec des propriétaires qui limitent les polices d’assurances à la seule R.C, obligatoire. Cette carence n’est pas dûe à un défaut d’encadrement. Le Transport touristique est suivi par deux départements, celui du Tourisme et celui du Transport.
Parmi les 700 autobus en activité, la moitié exerce des activités transcendant parfois les limites de leur licence. La pression de la concurrence déloyale est forte…Si l’on s’en tient à la réglementation, seules les sociétés de transport touristique sont autorisées à exercer dans cette niche, devenue un gâteau juteux pour une multitude d’agences de voyages ambulantes, exerçant dans l’illégalité la plus totale.
Pour redynamiser l’activité, les opérateurs attendent du ministère de nombreuses réformes. En commerçant par la limitation des autorisations. Actuellement, seules 30% des demandes se traduisent en investissements. plus d’un millier d’agréments ont été donnés à des sociétés ne possédant pas de parc Les chiffres sont éloquents. Ainsi à fin 2004, sur les 1 772 autorisations délivrées dans la catégorie autocars, 1.155 n’étaient pas exploitées. Même cas dans la catégorie des minibus où sur les 1.859 agréments accordés, 1.140 ne sont pas utilisées. Chez les véhicules légers, ce sont 2.826 autorisations qui sont données. La moitié, soit 1.140 sont toujours en jachère. Les deux ministères concernés réfléchiraient à une situation pour rétablir de l’ordre. Mais la réflexion engagée depuis bientôt neuf mois peine à accoucher d’une stratégie claire.

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