Les MRE ont transféré 55,126 milliards de dirhams au pays

Les MRE ont transféré 55,126  milliards de dirhams au pays

En 2007, les MRE ont transféré 55,126 milliards de dirhams. Soit une hausse de 15,2% par rapport à l’année 2006. En 2003, ils avaient enregistré un montant de 34,581 milliards de dirhams. Si le montant est en nette progression, l’impact, quant à lui, n’est pas en phase avec le rythme de croissance annuel des recettes. La France se démarque de ses voisins européens en s’inscrivant au premier rang en tant que pays origine de transfert d’argent des immigrés. Le montant des recettes des Marocains résidant en France atteint 23, 250 milliards de dirhams.
L’Espagne vient en deuxième position avec un montant de 8, 422 milliards de dirhams suivie de l’Italie (6, 701 milliards de dirhams). Concernant l’influence des transferts des émigrés sur les économies des pays émetteurs d’immigration, ces transferts se considèrent comme élément clé dans la dynamique des économies au vu de l’assurance qu’ils offrent au développement économique et de leur statut de catalyseur pour le niveau de vie, de consommation et d’investissement. En 2006, rien qu’en Espagne les immigrés ont transféré quelque 6,80 milliards d’euros, ce qui représente une importante somme comparée à l’aide officielle au développement. Vis-à-vis du Maroc, ces chiffres sont largement révélateurs, lorsqu’on  connaît le nombre de Marocains qui sont installés dans ce pays.
Dans le monde, le nombre des MRE est passé de 1.634.520 personnes en 1992 à plus de 3.200.000 en 2006. Plus de 85% des MRE vivent en Europe occidentale, 9% dans les pays du Golfe et 6% en Amérique du Nord. La structure démographique des MRE a quant à elle connu une forte mutation pendant ces dernières années. Près de 50% des MRE sont des femmes. La majorité des émigrés n’est plus composée de la main-d’œuvre originaire des régions reculées du pays. Les élites et cadres supérieurs vivant dans les villes choisissent de plus en plus de s’expatrier. Selon les experts du Centre marocain de conjoncture (CMC), l’impact des transferts sur le plan économique reste sous-exploité. Notre pays a donc pris conscience de ces enjeux et tente, par différents moyens de maximiser la contribution des MRE au développement économique de leur pays et de leur région d’origine. D’autre part, selon les analyses de la CDG Capital, deux éléments ressortent comme des catalyseurs de la croissance économique. Il s’agit, notamment, de la consommation des ménages et  des transferts des MRE.
Sous l’impulsion de l’amélioration des revenus des ménages ruraux, la préservation du pouvoir d’achat des ménages resterait le principal moteur de la croissance économique à un taux de 8,6%. Autrement dit, la progression des revenus des ménages dans le monde rural, en relation avec une amélioration du secteur agricole notamment, additionnée à la croissance soutenue des transferts MRE qui viendront alimenter les caisses, serait pour induire une dynamisation de la consommation des ménages. S’agissant toujours des transferts MRE, les analystes de CDG Capital se montrent optimistes. En ce sens, qu’il est attendu, que le flux financier découlant de ces transferts renfloue les lacunes du déficit commercial. Dans ce contexte, l’analyse en question souligne que «l’élévation de la facture pétrolière combinée à la demande croissante des produits de consommation et des biens d’équipements, relèverait les importations nationales de 11,8%, enfonçant ainsi le déficit commercial de 17% du PIB en 2007 à 21,0% en 2008». Et d’ajouter qu’ «appuyé par les bonnes performances du secteur tertiaire ainsi que l’accroissement continu des transferts MRE, le flux financier entrant devrait largement couvrir ce déficit».

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