Logiciels pénalisés par le piratage

Bien que le Maroc ait consenti des efforts considérables en matière de piratage informatique, le taux des logiciels piratés, de l’ordre de 61%, reste largement supérieur à la moyenne mondiale. Mais, à en croire les chiffres, le Maroc a fortement diminué les taux de piratage de logiciels qui, des 77% enregistrés en 1996, sont passés à 61% en 2001. Une baisse de 16 points qui témoigne d’une amélioration notable et à laquelle est venue se greffer récemment une réelle prise de conscience de la part à la fois des revendeurs et des usagers des avantages qu’implique l’utilisation de logiciels originaux. A cela, s’ajoutent les différentes initiatives qui vont dans le sens d’une réduction de ces taux. La piraterie n’en demeure pas moins un cercle vicieux à l’intérieur duquel se trouvent toutes ces composantes. Un revendeur qui propose à une société cliente de lui installer des logiciels soit en totalité soit en partie est responsable. Une PME qui accepte de jouer le jeu l’est également. Aussi bien la responsabilité que les risques encourus sont partagés. Et les effets sont immédiats. A commencer par l’impact sur un développeur donné qui, dans le meilleur des cas, pourra à peine subsister, au détriment de la recherche pour le développement de son produit. « Deux types de piratages existent, à savoir la duplication dans toutes ses formes et la contrefaçon industrielle, c’est la première forme, nettement plus accessible et moins dangereuse économiquement qui est la plus répandue au Maroc », nous avait déclaré Samir Bennani, porte-parole de Business Soft Alliance Afrique Nord, une association d’éditeurs de logiciels. Contrairement à plusieurs pays en développement, il n’existe pas de traces d’une véritable industrie de la contrefaçon au Maroc. Le piratage se limite à des pratiques maîtrisables par tout le monde comme le téléchargement de logiciels illégaux, le gravage de CD ou leur installation par des revendeurs à des clients au moment de la vente. Pour saisir la portée des effets néfastes du piratage sur l’économie, BSA a mené une étude internationale sur la base d’une hypothèse : une baisse de 10 points des taux de piratage. Appliquée à l’Egypte, un pays avec les mêmes caractéristiques que le Maroc, cette hypothèse a fait ressortir qu’une telle baisse générerait une marge de bénéfices sur les logiciels de 6,8% et d’une hausse conséquente pour les services. Les ventes de logiciels représente plus de 60% de la totalité des ventes informatiques. Il y a également le risque d’assister à la fuite de cerveaux, liée au manque de protection que subissent les programmeurs. Sans oublier le manque à gagner pour le Maroc en termes d’impôts, de TVA et de droits de douane et la dégradation de l’image du pays qui se traduit par une fuite des investissements. Un pays comme le Maroc, signataire de plusieurs traités internationaux sur la propriété intellectuelle mais qui accuse un taux de piratage de 61%, constitue un facteur décourageant. La lutte contre le piratage couvre tous les acteurs du secteur informatique au Maroc. A commencer par les revendeurs auprès desquels BSA mène depuis juillet 2002 des actions de sensibilisation et de mise en garde, via des contrôles anonymes. Une compagne publicitaire a également été menée en février dernier et plusieurs séminaires avec la collaboration de Chambres de commerce ont été organisés. Les échos ont été favorables. Trois procès contre des revendeurs pirates et deux autres contre des sociétés utilisatrices ont été engagés. Les lois existent, il suffit de les appliquer.

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