Métiers : Le cuir dans toute sa splendeur

Métiers : Le cuir dans toute sa splendeur

Les babouches ou «Belgha» est un produit que les touristes visitant le Maroc connaissent bien. Pour homme ou pour femme, de toutes les couleurs, en cuir et en daim, brodés ou parés de «mozone», la Belgha diffère d’une région à une autre par ses motifs et par sa forme. Ces mêmes touristes affectionnent un autre produit, le pouf oriental, sorti directement des décors des mille et une nuits.
Les poufs font en effet partie du patrimoine culturel arabe. Considérés comme des éléments de mobilier typiquement arabes, ils sont traditionnellement utilisés pour s’asseoir autour des tables basses, dans les tentes. De nos jours, ils décorent les salons arabes et occidentaux, où ils sont utilisés comme tabourets ou encore comme repose-pieds. Babouches et poufs ne sont cependant pas uniquement ces produits du folklore national étalés sur les vitrines de bazars dans les villes impériales. C’est un concentré de traditions, tout un art de travailler le cuir, de le caresser et d’en sortir des chefs d’oeuvre de beauté.
Parmi eux se trouvent des poufs, sacs, porte-monnaie, selles d’apparat (devenues surtout décoratives) et autres créations modernes telles que porte-documents ou garnitures de bureau. Le Maroc possède un nombre incalculable de type de maroquinerie, dont la plupart émanant des plus anciennes traditions. D’ailleurs, le terme «maroquinerie» trouve son origine au Maroc où le «maroquin » désignait une sorte de cuir provenant des peaux de chèvres et de boucs. Au fil du temps, le mot « maroquinerie» a désigné l’ensemble de petits objets fabriqués à base de ces peaux. Aujourd’hui, le terme est employé pour désigner des objets qui ont été à une certaine époque réalisés en cuir. Ces mêmes objets sont de nos jours faits avec de nombreux matériaux : cuir, tissus, matériaux synthétiques pour ne citer que ceux-là.
A l’origine de ces métiers, une seule matière première : le cuir. Travailler les peaux a été depuis longtemps une profession très répandue. A Fès et Marrakech, par exemple, des quartiers entiers sont réservés aux tanneurs. D’ailleurs, nombreux sont les photographes dont l’objectif s’est régalé par ces fosses multicolores qui ajoutent un charme inouï à l’ancienne médina de la capitale spirituelle notamment. Ces tanneurs, aux pantalons retroussés et qui élu domicile dans des fosses aussi nombreuses que colorées, sont devenus le symbole de tout un artisanat. Le tannage a une longue tradition au Maghreb. Les peaux utilisées le plus fréquemment sont des peaux de mouton et de chèvre. Le cuir de chameau, plus exclusive, est moins répandu et plus cher, mais il jouit d’une excellente réputation pour sa qualité et sa durabilité.
Les peaux sont achetées par les tanneurs après qu’elles ont été auparavant délayées et lavées par les délaineurs. Les opérations de tannage et de teinture peuvent commencer par la suite. Au début, les peaux séjournent pendant un certain temps dans le bain de chaux. Egouttées, elles sont par la suite lavées dans des machines ou à la manière traditionnelle, celle consistant en un foulage des pieds. Plusieurs lavages suivent après séchage, les peaux subissent les opérations d’assouplissement, après quoi elles passent au souk pour la vente.
Autre métier, mais même passion du cuir : le maroquinier. Ce dernier prépare, taille à la main ou à la machine et assemble les diverses pièces de cuir destinées à confectionner les sacs à main, les portefeuilles, les ceintures et articles de voyage…. Le sellier est également un métier dont le cuir est matière première. C’est un métier qui jadis avait une grande importance puisqu’il s’agit de confectionner des selles, brides, harnais d’attelage, des instruments réservés au cheval.
De nos jours, les selles traditionnellement parées et décorées, sont utilisées uniquement pour les défilés et autres cérémonies d’apparat. Lors des différents concours de fantasia par exemple, les chevaux magnifiquement sellés paradent. Les selles ont également un usage décoratif. Nombreux sont en effet les salons modernes ou traditionnels, dont le charme est rehaussé par cette pièce qui rappelle les prouesses des cavaliers marocains.
Mais le faste qu’autrefois connaissaient les professions du cuir n’est plus d’actualité de nos jours. Cette activité artisanale se trouve actuellement écartelée entre deux situations. D’une part la persistance d’activités traditionnelles. De l’autre, la crise profonde qui se révèle par la baisse de la qualité et la diminution de la marge bénéficiaire de l’artisan.

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