Mohamed Talal : «La stratégie répond à un réel besoin»

Mohamed Talal : «La stratégie répond à un réel besoin»

ALM : Il y a deux semaines, le Maroc a dévoilé sa nouvelle stratégie en matière de logistique. Quelles sont vos remarques concernant ce contrat-programme ?
Mohammed Talal : En tant que professionnel, je peux dire que cette stratégie était tant attendue. Elle répond à un réel besoin, car elle apporte des solutions à des problèmes en terme d’organisation, de massification des flux et d’organisation des métiers de la logistique, tout cela en s’appuyant sur une offre foncière, d’infrastructures, et des programmes de formation aux métiers de la logistique. Cette stratégie aboutira au développement des métiers du Transport et de la logistique.

La stratégie mobilise d’énormes investissements, quelles sont les solutions de financement que vous déploierez pour accomplir cette mission ?
Le secteur privé se divise en quatre entités. Il y a les investisseurs (banques et fonds d’investissements), les bâtisseurs professionnels du BTP (accompagnés par des bureaux conseil spécialisés), des loueurs d’actifs qui rapprochent l’offre du besoin (agences immobilières spécialisées), et enfin les prestataires logistiques. Chacun a son métier et son expertise. Il ne faut pas croire que les logisticiens sont des investisseurs. Chaque métier a sa propre finalité. La Notre est de vendre du service en améliorant la compétitivité des entreprises que nous servons tout en gagnant de l’argent sur chaque dossier. Donc, les solutions de financement seront à mettre en place par les organismes financiers, banques et fonds!

La stratégie a fait la part belle à Casablanca. Quel sera le sort des autres villes ?
Il n’y a pas lieu de parler de sort comme une fatalité ! Bien au contraire, Casablanca est la première ville qui dispose de son contrat d’application notamment sur Zénata, car avec Tanger Med elles sont les seuls points d’entrées maritimes des frêts marchandises. Donc, il est tout à fait logique de commencer par ces points nodales. En ce qui concerne les autres zones logistiques du Royaume, elles feront l’objet de contrats d’application à l’instar de ce qui a été fait pour Casablanca, et dans le respect du contrat-programme public-privé.

Vous avez appelé à l’élaboration d’une étude détaillée des contrats d’application ainsi que de la logistique urbaine. Quelle est la valeur ajoutée de ce dispositif ?
La valeur ajoutée est dans le fait de mettre en place une logistique urbaine qui respecte les objectifs assignés, à savoir: décongestion des villes, réduction des coûts de distribution ce qui ne manquera d’impacter le pouvoir d’achat du consommateur, réduction des émissions de CO2 ( – 35%) ce qui impactera positivement les conditions de vie des citoyens.

Qu’en est-il du foncier ?
Pour le foncier, plus de 3.000 hectares de foncier seront mis à disposition du secteur privée. C’est un engagement qui a été pris par le ministère de l’équipement et du Transport, via le contrat programme.

Pensez-vous que le Maroc dispose des ressources humaines suffisantes pour atteindre les objectifs de la stratégie ?
L’OFPPT joue un rôle moteur et central dans ce contrat-programme, et il s’est engagé avec nous dans la réussite de ce contrat-programme. Maintenant, je pense qu’il faut être optimiste, l’OFPPT a su de par le passé montrer sa capacité à mobiliser les ressources nécessaires pour des formations spécialisées et là je pense aux métiers de l’offshoring où il y encore cinq ans nous n’avions personne de formé et aujourd’hui je vous invite à constater de vous-même ! Aussi, il est à noter que des écoles publiques et privées se sont déjà lancées dans la formation aux métiers de la logistique: des grandes écoles telles que l’Esith, l’école Hassania des ingénieurs, des Facultés ou privées de renom telles que l’AFT-FTIM ou CCELOG.

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