Noureddine Mouadib : «L’objectif majeur de l’UIR est d’être un ascenseur social»

Noureddine Mouadib : «L’objectif majeur de l’UIR est d’être un ascenseur social»

ALM : L’Université internationale de Rabat (UIR) ouvrira ses portes en septembre 2010. En quoi consiste ce projet ?
Noureddine Mouadib : Il s’agit de la création d’une nouvelle université à dimension internationale qui vient s’inscrire dans la stratégie de l’Etat marocain, déclinée dans les différents plans : le Plan d’Urgence, le Plan Emergence, le Plan Energie, etc. Pour ce faire, l’UIR va offrir des formations inédites au Maroc, comme l’Ecole d’aéronautique-automobile-Naval, ou l’Ecole des études pétrolières, des énergies renouvelables et d’environnement, etc. Je vous renvoie à notre site www.uir.ma pour avoir la liste des formations prévues. Toutes nos formations seront offertes en partenariat avec des établissements étrangers de renommée internationale, comme les Ecoles Sup-Aéro, Ensieta, Ecole des mines de Paris, Ecole spéciale d’architecture, l’Institut des études politiques de Grenoble, Nancy Université, Université de Nantes, l’ESC Rennes, Yale University ou Georgia Tech Institut. Nous souhaitons ainsi compléter l’offre de formation marocaine et travailler en bonne synergie avec les collègues des établissements universitaires publics ou privés, pour relever les défis de la concurrence qui est aujourd’hui mondiale et non locale.

Quels sont les objectifs de l’Université internationale de Rabat ?
Notre objectif est de contribuer modestement à l’édification d’un enseignement supérieur marocain à dimension internationale. Cela passe par des formations et une recherche de qualité, ainsi que par un corps professoral de renommée internationale. Pour y arriver, nous avons mobilisé des consortiums académique et industriel (Thales, Carbone Lorraine, etc) de grande qualité pour nous accompagner à la fois au niveau pédagogique et au niveau de la recherche scientifique. Nous avons aussi mobilisé des compatriotes et collègues qui évoluent dans des grandes universités à l’étranger, dont certains vont faire le chemin inverse pour rejoindre l’UIR. C’est grâce à cette mobilisation que le projet a pu se concrétiser sur le plan académique.
Un objectif majeur de l’UIR est d’être un ascenseur social pour les jeunes issus de milieux modestes, et que l’UIR devient un lieu de diversité et d’excellence pour tous.

Comment allez-vous financer un tel projet ?
Nous avons souhaité depuis le début de notre démarche inscrire ce projet dans un cadre institutionnel, dans le sens où l’Etat doit être partenaire et acteur, autrement dit, réaliser le projet dans le cadre d’un partenariat public-privé. Notre demande a bien été entendue, car grâce aux Hautes instructions de Sa Majesté d’octobre 2007, l’Etat nous a octroyé un terrain de 20 hectares sur le site de Technopolis. Le montant de l’investissement sur 6 ans dépasse le milliard de dirhams.
Nous avons à ce jour sécurisé 50% du montant de l’investissement, ce qui va nous permettre d’assurer nos investissements sur les 4 premières années.
Quels sont nos investisseurs ?
Ce sont des partenaires institutionnels nationaux et étrangers, publics et privés, dont les noms seront communiqués prochainement. Je voudrais remercier au passage les nombreuses personnalités et amis qui ont toujours soutenu et cru dans ce projet, sans leur concours, l’UIR ne serait pas une réalité aujourd’hui .

Comment évaluez-vous la contribution de la diaspora marocaine à la recherche et à l’enseignement supérieur?
Le potentiel de la diaspora académique marocaine à l’étranger est très important mais malheureusement sous-exploité. L’intervention de la diaspora reste sporadique et timide, car les sollicitations pour son intervention ne portent pas sur de grands projets ambitieux pour viser la concurrence régionale et internationale. 
Nous avons besoin de canaliser ces compétences académiques marocaines à l’étranger dont on parle souvent, autour de grands projets et qu’on formalise leurs interventions, soit par des contrats, soit par des postes de professeurs invités ou associés. Il faut être réaliste, une compétence à forte valeur ajoutée ne sera mobilisable dans la durée que si on met le prix, c’est ce que fait la Chine, l’Inde,… Pour me résumer concernant cette question, avoir des projets ambitieux et mettre les moyens et les supports nécessaires pour capter et fidéliser la diaspora, c’est gagnant-gagnant. C’est ce que nous faisons dans l’UIR et ça marche…

En tant que membre de la diaspora, que pensez-vous du débat sur la représentation politique des MRE ?
Nous sommes nombreux à penser (peut être trop en silence !) que les préoccupations et les attentes des MRE sont d’un autre ordre. Avant de développer ces attentes, je vais d’abord vous dire que nous sommes nombreux à ne pas être favorable à la représentation des MRE au Parlement (car c’est ça la question !) pour une raison essentielle qui est : la légitimité de voter des lois dont on ne subit pas les conséquences ? Je me vois mal vivre à Nantes et venir de «temps en temps» voter des lois qui ne vont pas affecter ma vie au quotidien.

D’autre part, pensez-vous que les Marocains des 2ème et 3ème générations, et demain la 4ème, s’intéressent à cette question ?
Interrogez les, vous serez surpris du résultat. Il serait plus judicieux de débattre de la question de la participation politique des MRE dans leurs pays de résidence, qui aurait plus de sens à la fois pour eux (pour défendre leurs intérêts) et pour le Maroc (car ils seraient des bons ambassadeurs pour leurs deux pays). Il serait à mon humble avis plus pertinent de développer une stratégie sur cette question plus tôt qu’à propos de la précédente. Pour revenir sur les attentes des MRE, c’est d’abord qu’on mette en place des mesures facilitatrices pour réaliser leurs projets, pour régler leurs problèmes quotidiens, etc. Bref, revoir les politiques publiques concernant les MRE.

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