Présidentielle : le siège du PS sombre dans le doute

Depuis plus de deux heures, les chiffres du premier tour de l’élection présidentielle tombent, défavorables à Ousmane Tanor Dieng, le candidat du PS.

Après l’échec historique de l’élection présidentielle de 2000, le PS, qui a gouverné sans partage le pays durant quatre décennies, est en passe d’être pour la première fois de son histoire éliminé au premier tour d’une élection présidentielle.

Dans son grand bureau, Khalifa Sall, le directeur de campagne d’Ousmane Tanor Dieng dénonce les chiffres donnés quelques instants plus tôt par le camp présidentiel qui revendique la victoire.
"Aucun candidat n’atteint les 50%, le deuxième tour est inéluctable", répète-il sans conviction, les pieds déchaussés sur une table basse. A ses côtés un militant, la tête entre les mains, fixe le sol.

Sur la table, des documents de campagne mettant en évidence l’augmentation du coût de la vie depuis l’élection d’Abdoulaye Wade en 2000, traînent négligemment.

D’un ton offensif, le directeur de campagne dénonce les failles de sécurité du nouveau fichier électoral mis en place par le président Wade et les cartes d’électeurs qui n’ont pas été distribuées dans les zones défavorables au parti au pouvoir.

Les coups de téléphone se multiplient. A chaque fois, M. Sall tente de rassurer ses interlocuteurs qui l’appelent depuis toutes les régions du Sénégal.

"Wade est à 48%, et ce que dit Macky (Sall, le directeur de campagne d’Abdoulaye Wade) n’engage que lui", affirme-t-il. Après un moment de silence, il conclut: "S’il passe, je m’exile".
Il en vient ensuite à regretter le manque d’agressivité du PS au cours du mandat de M. Wade.
"L’opposition n’a jamais réagi en dénonçant (la politique du gouvernement) et en occupant la rue", déplore-t-il. "On aurait du entrer dans une logique d’affrontement".

Au fil des minutes et des chiffres qui tombent, M. Sall reconnaît qu’il se contenterait d’une qualification au second tour de son candidat "au moins pour une pratique sereine de la démocratie".

"Je préfère qu’il y ait un second tour même s’il (M. Wade) gagne", lâche-t-il. "Ce serait plus conforme aux rapports de force et à l’évolution de la démocratie" sénégalaise.

Dans la pièce d’à côté, une dizaine de jeunes du parti sont affairés devant leurs ordinateurs pour enregistrer les résultats à mesure qu’ils arrivent.

"C’est pas encore perdu, on est optimiste", assure Cheikh. Les visages fermés de ses camarades s’éclairent l’espace d’une seconde d’un sourire désabusé.

Alors que les premiers procès verbaux de résultats globaux arrivent, la plupart des jeunes militants, le regard fixe, semblent ressasser leur déconvenue. Sur les murs du bureau, des autocollants les invitent à "Voter Tanor pour un nouvel espoir".

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