Prospectives : Trois scénarios pour un secteur

Prospectives : Trois scénarios pour un secteur

A l’instar d’autres secteurs stratégiques pour l’économie marocaine, le secteur de l’agriculture s’est vu, pareillement, profilé dans une réflexion profonde menée par le Haut Commissariat au Plan.
Il s’agit de l’étude «Agriculture 2030 : quels avenirs pour le Maroc?». Étude brossant le tableau de l’agriculture marocaine d’aujourd’hui, présentant un regard rétrospectif sur les causes de fragilités et les facteurs de changements. Mais le plus intéressant demeure le chapitre dédié aux scénarios agricoles à l’horizon 2030. Déclinés en trois axes, ils sont distingués en fonction de leur capacité à gérer et à accompagner l’ouverture. Le premier scénario, celui d’une «ouverture subie et politiques réactives » est un scénario de type tendanciel, aggravé par la croissance non anticipée des pressions externes (mondialisation, libéralisation, dérèglement climatique) et internes (croissance démographique). Ce scénario, selon l’étude, devrait conduire à un important creusement des dualités agricoles.  Le second, est le scénario de l’ «ouverture accélérée, politiques ultra-libérales et filet social» serait celui de rupture, marqué par le retrait de l’Etat, en laissant les acteurs économiques et la concurrence internationale dominer les décisions relatives à l’agriculture, ce qui favoriserait la formation d’un secteur fortement capitalistique.
Quant au dernier scénario, il se veut celui de l’ «ouverture maîtrisée et nouveau pacte agricole et rural», il prend en compte l’ouverture et la libéralisation, mais en en gérant la progressivité et en encadrant les risques de déstabilisation par une transition progressive et déterminée vers une économie rurale diversifiée et une agriculture plurielle.
Les caractéristiques de ce scénario sont, entre autres, la requalification des ressources humaines, la reconnaissance de la dimension multifonctionnelle de l’agriculture et du potentiel rural, une gestion proactive des ressources naturelles, la mobilisation et la responsabilisation de l’ensemble des acteurs et la diversification des activités.   Cette source trouve quand même judicieux de souligner que ces «scénarios ne sont des prévisions ni des projections, leurs fonctions étant de donner des images contrastées des futurs possibles afin de permettre  à ceux qui en prennent conscience de bien voir quelles seraient les conséquences les plus poussées de tel ou tel enchaînement d’options».
Par ailleurs, le HCP revient sur les retombées de chaque scénario. Ainsi, si le Maroc opte exclusivement pour l’option d’une agriculture qui fait montre d’une ouverture subie, les tendances lourdes de ce choix continueront à s’imposer des années durant, «avec quelques évolutions de type du scénario n°2», souligne cette source.  Néanmoins, certains progrès vers le troisième scénario d’une ouverture maîtrisée peuvent d’ores et déjà être perçus. En ce sens que l’agriculture marocaine doit ces effets à l’engagement des acteurs professionnels et locaux, mais aussi d’une évolution positive des politiques publiques. D’ailleurs le Plan MAROC Vert en est une preuve éclatante. Dans ce contexte, le HCP conseille de se pencher vers les décisions politiques et d’organisation qui mèneraient le Maroc vers une politique d’ouverture maîtrisée.
Ainsi, ls priorités pour le HCP deviennent notamment celles de l’adoption de politiques plus déconcentrées et régionalisées, des accélérations dans la gestion efficace et économe de l’eau agricole, dans la mise à niveau filière par filière, dans l’appui aux petites et moyennes exploitations agricoles et dans la mobilisation des investissements publics et privés. Il s’agit aussi d’accélérer, sans délais, la mue vers le développement des produits de qualité, la mise en place d’outils souples pour impulser et soutenir les initiatives locales et professionnelles innovantes et la généralisation du développement rural intégré localement ( ou le DRI), «dont le succès doit être considéré comme une réussite absolue»,  commente le HCP.  Cela passe également par la nécessité d’engager rapidement les réformes pour gagner en opérationnalité dans les organisations les partenariats, les outils et méthodes d’action. «Il est nécessaire de mobiliser, sans attendre, les partenaires externes au pays qui peuvent aider le Maroc dans son repositionnement agricole et rural», conclut le HCP.

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