Retraite: De nouvelles mesures pour la durabilité des régimes

Retraite: De nouvelles mesures pour la durabilité des régimes

Le gouvernement dispose d’un scénario prêt pour la durabilité des régimes de retraite. C’est ce qu’a affirmé Idriss Azami Al Idrissi, ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances chargé du Budget, dernièrement au Parlement, en guise de réponse à une question orale sur «les régimes de retraite et les moyens de réforme» présentée par le groupe du Rassemblement national des indépendants (RNI) à la Chambre des représentants.

Ce scénario comprend une série de critères qui portent sur l’âge de départ à la retraite, les parts de la retraite et les taux d’obligations y compris celles de l’Etat.
Et tout récemment, c’est le ministre de l’économie et des finances, Mohamed Boussaid, qui a annoncé que le gouvernement est en train de préparer six projets de texte qui seront soumis au Parlement durant l’année  2014. La réforme des retraites entrera alors en vigueur début 2015.

L’Exécutif envisage ainsi de présenter aux acteurs sociaux un ensemble de mesures dans ce domaine, a ajouté M. Al Azami, notant qu’il s’agit de réformes systémiques du régime des pensions civiles de la Caisse marocaine des retraites (CMR), qui connaîtra, selon le ministre, un déficit de 3 milliards de dirhams à partir de cette année et de 21 milliards de dirhams à l’horizon 2021. Répondant à une autre question sur «la situation des retraités», présentée par le groupe haraki, le ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances chargé du budget a indiqué que l’adoption du régime des deux pôles (public et privé) constitue une réforme globale du régime de la retraite à moyen terme.

M. Azami a, dans ce cadre, rappelé que les retraités bénéficient, à l’instar des autres citoyens, de réductions de l’impôt sur le revenu qui a connu, au cours des dernières années, «des baisses importantes», ajoutant que le gouvernement a révisé en 2012 le taux de déduction forfaitaire des retraites et pensions de  40 à 55%. Sur quelque 76.500 retraités ayant bénéficié de ces mesures, la majorité ne sera plus soumise à l’impôt sur revenu, a relevé le ministre, faisant état d’une augmentation moyenne de 341 dirhams des pensions mensuelles.

Le système de retraite marocain se compose principalement de trois régimes publics obligatoires (CMR, CNSS et RCAR) et un régime facultatif (CIMR) géré par le secteur privé.

Le nombre de bénéficiaires augmente depuis quelques années plus rapidement que celui de l’effectif des cotisants. Il s’est accru en moyenne de 6,6% au cours de la période 2000-2009 conduisant ainsi à une détérioration continue du rapport démographique des caisses de retraite, selon le HCP. Ce rapport est passé de 15 actifs en moyenne pour un seul retraité en 1980 à 5,8 actifs en 1993 et à 3,9 actifs en 2009. L’analyse de l’évolution de chaque caisse cache cependant des tendances contrastées. Le rapport démographique pour la CNSS reste relativement élevé, aux alentours de 5,4 actif pour un bénéficiaire, au lieu de 1,2 actifs dans le RCAR, de 2,1 dans la CIMR et de 2,7 dans la CMR.

La situation financière du système de retraite sera encore plus affectée dans l’avenir en raison de la transition démographique avancée au Maroc et du changement profond qu’il produit dans la pyramide des âges. L’effectif des personnes âgées de 60 ans et plus passerait de 2,7 millions en 2010 à 10,1 millions en 2050, année où elle représenterait 24,5 % de la population totale alors qu’elle ne constituait que 7,2 et 8,1% respectivement en 1960 et 2004.

Le  rapport de dépendance défini comme le rapport entre le nombre de personnes en âge d’activité par celui des personnes âgées de 60 ans et plus se situerait à 2,4 individus en 2050 au lieu de 7,7 en 2010.

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