Santé : Céphalées et Ramadan

Santé : Céphalées et Ramadan

Cette étude a été réalisée sous forme d’un sondage effectué auprès de 200 personnes résidant dans la ville de Casablanca. L’objectif de l’étude est d’évaluer la survenue de la céphalée (mal de tête) au cours du mois du Ramadan, particulièrement au cours des premiers jours.
Pour cela, un questionnaire a été rempli par les mêmes personnes au cours du premier et deuxième jours du Ramadan et comprenant les informations relatives à leurs caractéristiques socio-démographiques (sexe-âge), ainsi que leurs habitudes de sommeil, de travail, et de prise d’excitants (café, thé, tabac…). De plus, les sujets devaient relater la survenue de céphalées en précisant leur intensité (partant d’un léger mal de tête jusqu’à une situation obligeant d’interrompre le travail.). Il ressort de cette étude l’existence d’un lien étroit entre la consommation de cigarettes et l’intensité des céphalées.
C’est ainsi que 50% des fumeurs figurent parmi l’échantillon qui présente des céphalées sévères, alors que 22% des fumeurs seulement appartiennent au groupe qui ne présente pas de la céphalée. En ce qui concerne la consommation d’excitants, il est apparu que les consommateurs de café représentaient environ 82% des personnes présentant des céphalées sévères, alors qu’ils ne sont que 58% dans la population de ceux qui ne présentent pas de céphalées. De la même façon, 95% de ceux qui présentent des céphalées sévères boivent du thé, alors qu’ils ne sont que 58% de ceux qui ne présentent pas de céphalées. A propos du sommeil, les résultats montrent que les personnes qui souffrent de céphalées sévères représentent 60% des personnes qui ont un sommeil perturbé, alors qu’on ne compte que 32% dans le groupe qui n’a pas présenté de céphalées.
Enfin, environ 90% des personnes qui présentent des céphalées sévères contre seulement 16% de ceux qui ne présentent pas de céphalées estiment que leur travail est perturbé pendant le jeûne. L’ensemble de ces données tend à démontrer que la survenue de céphalées au cours des premiers jours du Ramadan est en étroite liaison avec le mode de vie du jeûneur.
Un sommeil perturbé avec une consommation de tabac et d’excitants représentent les facteurs qui prédisposent à la survenue de tels troubles. Par ailleurs, et indépendamment des maux de tête, de nombreux travaux ont montré une baisse de sommeil pendant le Ramadan. Une baisse qui peut aller d’une trentaine de minutes à deux heures par nuit. Cette baisse a été du reste incriminée dans des troubles aussi divers que la baisse de rendement au travail, les accidents de la circulation ou de travail, l’irritabilité…. D’autres travaux ont montré une baisse de la vigilance pendant le Ramadan, ce qui est une évidence compte tenu des troubles de sommeil notés.
En conclusion, les résultats des travaux de recherches tendent à démontrer que lorsque des modifications négatives existent, elles sont dues aux conditions de vie qui entourent le jeûne plutôt que le jeûne lui-même.
Ainsi, la plupart de ces modifications peuvent être facilement évitées par une bonne hygiène de vie au cours du mois du Ramadan. Dans le cas des effets négatifs dus aux excitants et au tabac, il est recommandé aux personnes à risque d’entamer une diminution progressive (servage) de la prise d’excitants et de cigarettes durant la semaine qui précède le jeûne.
Les conséquences d’un arrêt brutal de consommation de ces produits se feraient alors moins sentir.

• Source : Dossier ramadan et santé préparé par le Pr. Abdelouahab Tazi, octobre 2004

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