Santé : Dans quel cas ne faut-il pas jeûner ?

Santé : Dans quel cas ne faut-il pas jeûner ?

La maladie ulcéreuse gastro-duodénale est aggravée par le jeûne ; ceci est attesté par l’augmentation de la fréquence des poussées ulcéreuses et des complications de cette maladie pendant le Ramadan : péritonite par perforation d’ulcère, hémorragie ulcéreuse, (12 % des admissions en SAUV durant le ramadan). Sont autorisés à jeûner, les patients avec ulcère cicatrisé. Ne sont pas autorisés à jeûner, les patients présentant un ulcère évolutif.
2- Les maladies cardiovasculaires:
Les patients présentant ce type de pathologie doivent absolument consulter leurs médecins traitants avant le mois sacré du Ramadan car le médecin est celui qui connaît le mieux l’état du patient et la gravité de sa maladie. Il faut impérativement respecter le traitement et les mesures hygiéno-diététiques qui seront prescrites par le médecin traitant. Sont autorisés à jeûner, les patients présentant une hypertension artérielle simple, un angor stable, une valvulopathie non compliquée d’insuffisance cardiaque. Ne sont pas autorisés à jeûner, les patients présentant une insuffisance cardiaque, un infarctus du myocarde datant de moins de trois mois, un angor instable, une hypertension artérielle compliquée d’insuffisance rénale ; et ceux dont la pathologie nécessite plusieurs prises médicamenteuses par jour (polythérapie). Les complications cardiovasculaires ; rechute d’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral, en rapport avec l’arrêt du traitement de l’hypertension artérielle sans l’avis du médecin traitant (21 % des admissions en SAUV du CHU Ibn Rochd).
3- Le diabète :
Les diabétiques (diabète sucré) ne devraient pas jeûner ; mais certains malades tiennent absolument à le faire. Ils doivent alors être soumis à une surveillance médicale régulière afin de détecter toute complication susceptible de faire interrompre le jeûne. Le déséquilibre diabétique : acidocétose diabétique, hypoglycémie, coma hyperosmolaire, acidose lactique ; en rapport avec un arrêt du traitement antidiabétique et surtout le non suivi des conseils du médecin traitant (23 % des admissions en SAUV du CHU Ibn Rochd). Sont autorisés à jeûner, les patients diabétiques indemnes de toute affection intercurrente ou de complication dégénérative, non insulinodépendants obèses ou en normopoids, sous antidiabétiques oraux et bien équilibrés. Sont interdits du jeûne, les patients présentant un diabète non insulinodépendant déséquilibré, un diabète insulinotraité, un diabète avec complications dégénératives, un diabète et grossesse, un diabète et allaitement, un diabète gestationnel, un diabète du troisième âge, un diabète instable.
4- La grossesse :
En l’absence de données scientifiques et médicales concluantes sur ce sujet, il est conseillé de consulter son gynécologue avant le Ramadan pour s’enquérir de l’état de santé de la mère et du foetus. Peuvent jeûner, les femmes enceintes avec une grossesse normale après avis du médecin traitant. Ne doivent pas jeûner, les femmes enceintes présentant une grossesse compliquée (complications chez la femme et/ou son foetus), une grossesse avec pathologie(s) associée(s).
5- Les soins :
A l’exception de certains actes (anesthésie de la bouche pouvant entraîner une déglutition d’eau à l’insu du patient et donc la rupture du jeûne), tous les soins sont généralement permis : brossage des dents. Produits pour cheveux (huile d’olive, produits pour teinture, …). Hené (cheveux, …). Khoul. Ecran total du visage. Parfums.
6- Médicaments et Ramadan :
Il est déconseillé de changer quoi que ce soit (horaire, posologie, nombre de prises) dans un traitement médicamenteux sans l’avis de votre médecin traitant. Les changements dans le rythme alimentaire imposent des changements d’ordre thérapeutique : certains médicaments doivent être pris la nuit alors qu’ils l’étaient jusqu’alors au cours de la journée, d’autres qui doivent être pris à jeûn ou qui nécessitent plusieurs prises deviennent difficilement maniables dans les conditions du Ramadan. Les prescriptions des médicaments pendant le mois sacré du Ramadan doivent répondre à deux types de contraintes, les unes religieuses et les autres scientifiques. Certaines alternatives sont possibles changer un médicament par un autre qui peut être pris en une seule fois par jour. Changer la forme de la prise, pour prescrire une prise autorisée à la place d’une prise non autorisée. En effet, la religion autorise un certain nombre de médicaments pendant la journée du jeûne, sans pour autant le rompre. Ne sont pas autorisées, les prises orales. Sont autorisées, les prises médicamenteuses par : Voie intraveineuse. Voie intramusculaire et voie sous-cutanée. Voie nasale. Voie ophtalmique. Suppositoires. Ovules gynécologiques. Crèmes et pommades. Spray et vaporisateurs.
7- Sport et Ramadan :
Les performances sportives sont diminuées pendant le Ramadan (principalement les 10 premiers jours). Il faut donc attirer l’attention du jeûneur sur la diminution de la capacité d’endurance pouvant être à l’origine d’éventuels incidents et accidents. Mieux vaut donc se limiter à des efforts de faibles durée et intensité et éviter le sport à l’approche de la rupture du jeûne.
8- Café, thé, tabac et Ramadan:
L’expression d’une certaine irritabilité et agressivité (querelles avec la famille, les amis de travail) augmente de manière significative pendant le Ramadan chez les grands consommateurs de café, de thé et surtout de tabac. L’irritabilité et l’agressivité sont plus liées à la consommation de ces excitants qu’au jeûne lui-même. Ceci est probablement en relation avec le sevrage brutal qui s’opère au cours des premiers jours du Ramadan. Il faut donc recommander aux personnes à risques d’entamer une diminution progressive dans la prise d’excitants et de cigarettes durant la semaine qui précède le jeûne. Les agressions en rapport avec l’utilisation de l’arme blanche augmentent en nombre (plus de 13 % des admissions en SAUV pendant le ramadan) et en gravité (plus de 3 % des décès).

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