Santé : Ramadan : Les règles à observer

Santé : Ramadan : Les règles à observer

En premier lieu, l’adaptation posologique. Il faut savoir qu’il n’est pas toujours possible de changer facilement les prises du jour vers la nuit sans prendre certaines précautions. Et surtout lorsqu’il s’agit de médicaments à marge thérapeutique étroite et de médicaments indiqués dans les maladies chroniques. La prudence dans ce cas incite à procéder au changement de la prescription deux semaines avant le Ramadan.
Pendant la première, le médecin devra constater la continuité de l’efficacité thérapeutique et la stabilité de la maladie. En outre, le médecin pourra amener, lors de la deuxième semaine, un ajustement en cas de nécessité. Cette mesure doit être systématique et habituelle dans la pratique médicale.
En second lieu vient la chrono-pharmacologie qui consiste à s’assurer que le changement du moment d’administration de médicaments n’influence pas leur tolérance ni leur efficacité. Ceci concerne les anti-inflammatoires à cause de leurs effets indésirables plus marqués le soir et les corticoïdes en raison du déplacement du pic physiologique de cortisol de huit heures vers les environs de midi. Dans ces deux cas et en attendant les résultats des études cliniques, il serait plus logique de préconiser l’administration pendant le Shor. Le troisième paramètre concerne le rythme d’administration. La prise orale unique le soir constitue l’idéal pendant Ramadan. Pour les médicaments qui nécessitent deux prises, leur répartition peut s’envisager par la désignation de la première prise au moment de la rupture du jeûne. La deuxième, quant à elle, peut se situer alors avant le lever du soleil. Aussi, la prescription de la rupture du jeûne peut-elle être envisagée conformément aux indications de la religion. Le quatrième paramètre est relatif à l’interaction avec les repas. Entre la rupture du jeûne et le lever du soleil, les pratiquants passent une bonne partie du temps à s’alimenter. De ce fait, il n’est pas facile de trouver des moments pendant cette période où l’estomac est vraiment vide. Cela pose donc un problème pour les médicaments qui doivent s’administrer à jeun. Dans ce cas, il y a lieu d’exiger une discipline alimentaire stricte en instaurant deux principaux repas pendant les soirées de Ramadan. Le premier à la rupture du jeûne et le second le plus tard possible. Dans ces conditions, il est possible de situer un estomac à jeun deux à trois heures après le premier repas et une demi-heure avant le dernier repas. Le cinquième et dernier paramètre porte sur la nature de l’effet thérapeutique. Il faut signaler que l’effet thérapeutique de certains médicaments dont la prise orale a été reportée le soir, peut altérer la qualité du sommeil qui est déjà courte pendant la période de Ramadan. C’est le cas notamment des psychostimulants (antidépresseurs, théophylline etc.).
Idem lorsqu’il s’agit de diurétiques qui réveillent à cause du besoin d’uriner qu’ils créent. Pour éviter ces inconvénients, il y a lieu d’envisager le changement de la thérapeutique, quand cela est possible. Changer par exemple un diurétique par un inhibiteur calcique ou par un inhibiteur de l’enzyme de conversion ou changer un antidépresseur stimulant par un autre sédatif.
Toutefois, des études cliniques demeurent nécessaires pour établir les meilleures alternatives thérapeutiques. Par ailleurs, des enquêtes menées auprès des pharmaciens pour évaluer la délivrance des médicaments pendant le Ramadan a révélé que celle-ci change en qualité et en quantité. Le nombre d’actes de délivrance diminue, alors que le nombre de conseils et d’administration augmente. Concernant la nature des médicaments délivrés, l’étude a révélé une augmentation de la consommation à la fois de médicaments de la sphère gastrique, de vitamines, d’antalgiques et d’anti-inflammatoires et une diminution de celle des psychotropes. Ces changements intéressants nécessitent donc des conseils précieux. Dans ce cadre, le pharmacien peut jouer un rôle déterminant pour optimiser le bon usage du médicament pendant cette période.

• Source : Fondation Hassan II pour la recherche scientifique et médicale sur le Ramadan

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