Système d éducation et de formation professionnelle : Le CESE appelle à une réforme profonde

Système d éducation et de formation professionnelle : Le CESE appelle à une réforme profonde

Éloquent. C’est le moins qu’on puisse dire sur le rapport annuel du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Consacrant tout un chapitre sur l’éducation et la formation, le Conseil a fait un constat sans appel sur ce secteur vital du pays.

Dans ce rapport, on souligne que le système d’éducation et de formation au Maroc, malgré l’existence de pôles d’excellence, est de manière générale inadapté aux besoins actuels de renouvellement et d’adaptation continue de la formation. «Ceux qui échouent dans ce système éducatif sont parfois récupérés par des programmes de formation professionnelle ou d’éducation non formelle. Les lauréats de la formation professionnelle ont des taux de chômage élevés», précise-t-on dans ce document présenté à  SM le Roi Mohammed VI en juin dernier.

Pour le CESE, les ressources humaines doivent constituer les piliers de la compétitivité. Il est donc nécessaire d’investir dans l’éducation et la formation de manière générale, y compris dans la formation professionnelle et la formation tout au long de la vie. En effet, l’importance de l’éducation et de la formation est soulignée dans la Charte sociale du CESE qui recommande l’accès aux savoirs, à la formation et au développement culturel et la généralisation d’un enseignement de qualité pour tous. La Charte retient également comme essentiels le droit à la formation continue (acquisition et amélioration des compétences, qualifications, employabilité), l’extension de l’accès à la formation continue tout au long de la vie et l’amélioration de sa valorisation.

«Sur le long terme, résoudre le problème de productivité et de compétitivité nécessite une réforme profonde du système d’éducation et de formation professionnelle. La formation professionnelle ne doit plus être considérée comme une voie réservée aux exclus de l’enseignement fondamental mais doit constituer un choix qui se fait relativement tôt dans le cursus scolaire pour les jeunes qui ne souhaitent pas continuer l’enseignement général», lit-on dans ce rapport.

En appelant à une réforme profonde du système d’éducation et de formation professionnelle, le Conseil économique, social et environnemental s’est aussi intéressé aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en matière d’éducation. Ce secteur constitue le défi primordial du Maroc en matière d’OMD. La dimension éducation est le principal facteur expliquant la stagnation du Maroc en matière de développement humain, telle que mesurée par l’Indicateur de développement humain (IDH), élaboré par le PNUD.

En effet, si l’indice éducation a enregistré un progrès important entre 1980 et 2006, on constate que, à partir de 2006, le niveau de cet indice tend à se stabiliser autour de 0,44 tandis que la valeur moyenne de l’indice pour la catégorie des pays à développement humain moyen passe de 0,48 à 0,56, selon le rapport du CESE. De ce fait, le Maroc a accusé un recul dans le classement en passant du 124e rang en 1980, au 131e en 2005 pour atteindre le 146e en 2012.

Cette situation s’explique notamment par la faible amélioration de la durée moyenne et de la durée attendue de scolarisation. Ainsi, la durée moyenne de scolarisation est passée de 1,2 année en 1980 à seulement 4,4 années en 2012 contre 3,1 et 6,3 années respectivement pour les pays à développement humain moyen. La durée attendue de scolarisation, quant à elle, est demeurée stable, se situant à 10 ans, alors qu’elle est passée, pour les pays à développement humain moyen, de 7,8 à 11,4 ans entre 1980 et 2012.

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