Tanger, le «Coeur élu» des artistes

Osons le dire : les plus beaux textes de la littérature et les meilleures œuvres d’art sont nés à Tanger. Ce n’est pas une emphase, c’est juste une réalité. C’est-à-dire un mythe que les créateurs les plus doués de la planète ont su capter, transformer au gré de leur imagination pour le «coucher» sur la surface de la page blanche, ou sur l’étendue d’une toile de peinture … La ville-égérie a d’abord séduit les artistes, dont Delacroix qui fut parmi les premiers, et Matisse qui, subjugué par le tourbillon de ses couleurs, y laissa des traces à travers une trentaine de tableaux, dont le plus célèbre fut baptisé du nom «La porte de la casbah», fondée en 1921. Chez les écrivains, l’attrait de Tanger est inégalable, irremplaçable … Paul Bowles, l’un des symboles de la «Beat génération», était venu d’outre-Atlantique pour s’installer définitivement à Tanger. Il a appris sa langue, côtoyé ses gens, – anonymes ou célèbres comme l’auteur du «Pain nu», Mohamed Choukri -, aimé son mode de vie au point d’avoir initié à la ville son ami écrivain Tennesse Williams, qui succombe à son tour au charme secret de la cité du détroit. Au même titre que Jean Genet, dramaturge qui y trouva un lieu accueillant, secret, vivant, nonchalant … Que faut-il encore ajouter à cette liste de «captifs» ? Au-delà des artistes-peintres et des écrivains, les musiciens les plus célèbres au monde n’ont pas non plus résisté à la séduction de Tanger. Pour s’en rendre compte, il suffit de dire que c’est à Tanger que les Rolling Stones, ainsi que les Fab Four (Beatles), ont créé leurs chefs-d’œuvre. Pour le reste, les petits génies de l’univers de la couture n’ont pas été non plus insensibles à l’attrait exceptionnel de Tanger. Ce n’est pas un hasard si, par exemple, un Yves-Saint Laurent, ou plus encore, un Jean-Louis Sherrer ont choisi d’y mettre le cap. Les cinéastes, non plus, ne sont pas restés indifférents à cet attrait. Ce dernier attrait a été tel que Tanger est devenue le sujet préféré des réalisateurs. Elle a fait l’objet de plusieurs films.  Les derniers en date sont «Le Gosse de Tanger» de Moumen Smihi et «La Juanita de Tanger» de Farida Belyazid. Les deux films revisitent l’époque internationale de cette ville, où plusieurs civilisations se sont croisées. Les vieilles pierres de cette cité en portent encore les traces. L’art romain côtoie allègrement les bâtisses de styles mauresque et arabo-musulman ; les mosquées tutoient, encore et toujours, les cathédrales; la langue arabe voisine éternellement, et dans une parfaite entente, l’espagnol, le portugais, le français et autres langues. C’est là un témoignage vivant d’une longue histoire de convivialité et de respect réciproque, en dehors de toute distinction de peau, de langue, de confession ou de culture. Porte de l’Afrique sur l’Europe, Tanger symbolise cette ville-pont entre le continent noir et le Vieux Continent. Cette ville a donc plus d’un atout à faire valoir. Elle jouit, par ailleurs, d’une nature ensorceleuse. Entourée jalousement de montagnes, elle offre la belle image d’une perle dans un écrin de verdure. Elle baigne au milieu d’un soleil modéré, à l’image de son histoire. Les atouts sont donc légion. Et c’est à l’honneur d’une ville dont la fascination n’a laissé personne indifférent.

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