Taxis : le grand point noir

Il y a beaucoup de défaillances dans la chaîne touristique nationale. Au-delà des insuffisances liées à la formation, à la qualité du service et à l’accueil du touriste, un problème rédhibitoire doit être rapidement pris en charge par les responsables du tourisme. Il s’agit des taxis. Ces derniers ne sont pas du tout intégrés dans la vision ambitieuse du tourisme en tant que prestataire de service au même titre que les hôteliers, restaurateurs, bazaristes et guides. Cette profession pourtant importante continue à être gérée par les autorités locales. Une gestion très laxiste qui a montré ses limites depuis longtemps. 
Résultat : les taxis, compte tenu de leur état connu de tous, montrent un visage qui ne fait pas du tout honneur à l’image du pays. Or, c’est connu, la première impression du touriste, bonne ou mauvaise, se fait généralement à son arrivée à l’aéroport du pays d’accueil. À la sortie de celui de Casablanca par exemple, une file de grands taxis blancs type Mercedes 240, en mauvais état et sales, qui font partie du décor, attendent les passagers de pied ferme. Les chauffeurs, lestés d’une réputation de tueurs à cause de leur excès de vitesse, sont très peu présentables aussi. Avec leur air rugueux et aspect vestimentaire négligé, ils ne savent même pas parler aux touristes qu’ils abordent souvent sans aucune courtoisie. Un seul chiffre à la bouche lancé brutalement : 250 Dhs. Le tarif officiel de la course. Mais révisable à la hausse en fonction de la tête du client ! À voir ce spectacle, on se croirait non pas dans la plus grande ville du pays censée offrir un visage moderne mais dans un bled poussiéreux. Bonjour les dégâts. Tout le monde connaît ça. Mais on fait comme si ce n’était pas un problème. Les responsables détournent les yeux.  La politique de l’autruche. Et pourtant, la profession des taxi-drivers a besoin plus que jamais d’une volonté politique assez forte pour mettre en route une mise à niveau qui a trop tardé. Reste un frein sérieux qui a résisté jusqu’ici à toutes velléités de changement : les agréments que les autorités continuent à distribuer à tour de bras pour divers types de transport terrestre au profit de ceux qui réclament des privilèges pour divers services rendus à la nation. C’est ainsi qu’on s’est retrouvé rien à Casablanca avec près de 16.000 taxis, soit autant d’autorisations administratives dont les titulaires deviennent de riches rentiers ! Là où il fallait créer des sociétés de transport moderne sur la base d’un cahier des charges comme cela se fait ailleurs, les pouvoirs publics ont encouragé l’émergence d’un secteur anarchique et archaïque dont la situation laisse beaucoup à désirer en termes de confort et de propreté. Le Maroc a pensé à construire des établissements de luxe pour les touristes mais négligé jusqu’à mettre en place une centrale téléphonique pour qu’ils puissent appeler un taxi.

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