Un désir de sauvegarder des liens forts avec le pays d’origine

Pour mieux appréhender la situation de la communauté marocaine résidant à l’étranger, l’Institut de sondage français BVA a mené, en juillet 2009, sur initiative du CCME, une enquête auprès de cette communauté. Cette étude a concerné la première et la deuxième génération (un total de 2 819 personnes âgées de 18 à 65 ans) installées dans les principaux pays d’immigration. Il s’agit notamment de la France, de l’Espagne, de l’Italie, de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Allemagne. Ainsi, l’étude a abordé plusieurs volets ayant trait au vécu quotidien des Marocains résidant à l’étranger (MRE). A cet égard, on peut relever l’intégration des MRE dans les sociétés d’immigration et le désir de s’ouvrir sur le monde extérieur. D’ailleurs, il ressort de l’enquête menée par le BVA que le taux des personnes naturalisées a atteint 50 %, de même la procédure de naturalisation de 28% de MRE est en cours. Cela montre que cette communauté manifeste une volonté profonde de s’intégrer dans les sociétés d’accueil. Cet enracinement est davantage prouvé par l’utilisation de la langue du pays de résidence. En effet, 64 % la parlent à la maison. D’autant plus que ce pourcentage se voit augmenter à 73% pour la deuxième génération.
Sur le plan politique, les MRE prouvent leur enracinement dans les pays d’accueil en portant un intérêt assez particulier à l’actualité politique du pays d’accueil. D’ailleurs, un total de 40 % est déjà inscrit sur les listes électorales du pays d’accueil. Pourtant, la deuxième génération dépasse ce taux pour atteindre 76 %. Parallèlement, les membres de la communauté marocaine résidant à l’étranger manifestent un attachement solide aux valeurs socioculturelles marocaines. C’est pourquoi, 88% des MRE conçoivent des mariages de la même communauté. Par contre, pour la deuxième génération, ce taux connaît relativement une baisse en enregistrant 84 %.
De plus, le désir de sauvegarder des liens forts avec les valeurs traditionnelles du pays d’origine se manifeste clairement via le rythme fréquent des voyages au Maroc. Ainsi, malgré les procédures marquées par certaines difficultés dont 35% se permettent de les dévoiler, 7 MRE sur 10 ont confirmé qu’ils opèrent des voyages au Maroc au moins une fois par an. Cela prouve que les MRE se font une image positive du Maroc.
Interrogés sur leur projet de passer le restant de leurs jours dans le pays d’origine¸ un peu plus que la moitié des membres de la communauté marocaine résidant à l’étranger projette de le faire (52%). Alors qu’une proportion de 30% préfère passer le restant de sa vie en Europe contre 16% de personnes qui se sont abstenues de répondre à la question. Il ressort, par ailleurs, de l’étude que les MRE se sentent discriminés, voire rejetés par les populations des pays d’accueil. A cet égard, 40% ont souligné avoir traversé une bonne période de chômage, notamment durant les trois dernières années fortement marquées par la crise économique.
A partir de ce qui précède, il s’avère, selon l’étude menée par l’institut BVA, que les situations vécues divergent selon un grand nombre de facteurs notamment la génération, le statut social, la région d’origine et le pays d’accueil.

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