Un statut particulier pour le personnel du CHU Ibn Sina

Un statut particulier pour le personnel du CHU Ibn Sina

Les bâtiments de la plupart des 10 établissements hospitaliers du CHU Ibn Sina, sont très vétustes, un grand nombre du personnel infirmier sera bientôt à la retraite, la grande affluence de malades de toutes les régions du Royaume, la non-affectation de rubriques budgétaires pour la formation de base des étudiants, sont quelques-uns uns des handicaps, dont on ne parle pas souvent, qui ralentissent le cheminement de cet établissement hospitalier vers une véritable autonomie. Mais, un des handicaps majeurs est lié à la pénurie du personnel infirmier, d’autant plus exagéré par le départ imminent, vers la retraite, de plus d’une centaine, durant les années 2003, 2004 et 2005. Le manque en personnel infirmier est d’autant plus aggravé, que tout départ d’infirmier relevant du budget général du ministère de la Santé, n’est pas remplacé. Cela engendre, la perte d’un poste budgétaire et donc moins de personnel infirmier pour prendre en charge correctement les patients. D’un autre côté, les recettes potentielles ou prévisionnelles du plus grand centre hospitalier du pays, sont handicapées par les 70% ou plus d’indigents, qui sont pris en charge, sur simple présentation d’un certificat d’indigence ; procédure qu’il faut revoir de fond en comble. Par ailleurs, la politique sectaire, adoptée par le CNOPS, un des pourvoyeurs de recettes pour les CHU, fait qu’il ne paie les services dont ont bénéficié ses adhérents, que plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard, perturbant de la sorte toute vision prévisionnelle. Toutes ces insuffisances, grippent la machine managériale, capable de propulser le fonctionnement optimal du CHU Ibn Sina. En contre-partie, l’adoption d’un statut particulier pour les 6000 professionnels de santé du CHu (médecins, infirmiers, administratifs, ingénieurs, pharmaciens), constitue un handicap de moins, pour la bonne marche de cette institution hospitalière universitaire, en étant un véritable levier pour l’amélioration des conditions de travail. Ainsi, on ne parlera dorénavant que d’un seul personnel des 4 CHU du Maroc (Rabat, Casablanca, Fès et Marrakech), en espérant la création de nouveaux, dans les prochaines années, consolidant de la sorte l’unicité et le sentiment d’appartenance à une même institution. Le personnel des centres hospitaliers universitaires, jouira de tous les droits, garanties et bénéfices, accordés au personnel de la fonction publique ou de tout établissement public. En plus, il peut bénéficier, d’une prime annuelle de rendement, qui varie de 0 à 250%. Les esprits malveillants, ne verront que le 0 %, alors que les plus compétents, les travailleurs et tous ceux qui aspirent à une qualité de service, assurant une rentabilité et par conséquent une augmentation des recettes propres des hôpitaux universitaires, scruteront la moitié pleine de la coupe. Néanmoins, le statut particulier du personnel du CH Ibn Sina, publié dans le Bulletin officiel n°5140 du 4 septembre 2003, ne peut effectivement produire les résultats escomptés, aussi bien pour le personnel que pour les patients, qu’une fois complété par l’actualisation de la loi 37/80, régissant les centres hospitaliers, qui s’avère être dépassée, par rapport aux méthodologies modernes de gestion, auxquelles aspirent les hospitaliers. Il n’en demeure pas moins que le statut particulier du personnel des centres hospitaliers, est un atout majeur pour le centre hospitalier Ibn Sina, pour insuffler un nouveau souffle à son personnel, afin de s’acquitter honorablement de ses engagements prévus dans le contrat-plan CH Ibn Sina- Etat 2003-2004. D’autres obstacles et épines sont toujours dressés, empêchant l’épanouissement d’une institution siégeant au plus haut sommet de la pyramide des soins et dans les lumières devraient s’étendre jusqu’à la base. Par ailleurs, une importante délégation du Fonds monétaire international (FMI), venue évaluer les progrès enregistrés dans notre pays, tant dans le domaine économique et social, conduite par M. Pierre Duquesne, Directeur du département de la France au FMI et à la Banque Mondiale (BM), a rendu visite à la direction du Centre hospitalier universitaire Ibn Sina de Rabat-Salé où ils se sont entretenus avec le Professeur Wajih Maâzouzi, directeur du CHu, en présence des cadres de la Direction du CHu. Lors de cette entrevue, le Directeur du CHU Ibn Sina de Rabat-Salé, a informé les responsables régionaux de cette institution monétaire, des différents plans de développement de la plus grande institution hospitalière du Royaume. Il leur a fait part de la volonté des différents professionnels de santé d’honorer leurs engagements, dans le cadre du contrat-plan Etat-CHu 2003-2004 et dont la plus proche échéance est le plan d’action 2004, qui a été conçu en étroite collaboration avec les 10 établissements hospitaliers qui forment le CHu, et qui sera présenté, ainsi que le projet de budget 2004, lors de son prochain Conseil de gestion. Ainsi, le Directeur du CHU a présenté, aux représentants du FMI, les trois principaux axes du plan d’action 2004 du CHu. En premier lieu, oeuvrer pour améliorer l’accessibilité de la population à des soins de qualité; en second point promouvoir une meilleure adéquation entre les impératifs de gestion des services de santé et ceux liés à la formation et la recherche et enfin établir les bases d’une intégration effective entre les composantes curative et préventive de la médecine, puis de la composante publique avec son homologue du secteur libéral. La réalisation de ces objectifs est un défi, renchérit le professeur Maazouzi, que tous les professionnels du CHU, comptent réussir, par l’amélioration de la gestion interne, la réhabilitation de la fonction des ressources humaines, le recentrage sur les missions spécifiques du CHU ainsi que par le développement de pôles d’excellence. Par ailleurs le professeur Wajih Maazouzi, leur a fait part de la motivation de tout le personnel, pour atteindre ces objectifs, depuis l’adoption d’un nouveau statut pour le personnel du CHU et surtout par l’adoption du projet de loi n° 42-03 complétant la loi n°37-80 relative aux centres hospitaliers, lors du Conseil des ministres, présidé lundi 13 octobre par S.M. le Roi Mohammed VI. Lors de sa visite au CHU Ibn Sina de Rabat, la délégation du FMI, s’est également rendue à l’hôpital d’enfants, qu’elle a longuement visité et où elle s’est entretenue avec le Professeur Mohamed Benhamou, médecin-chef dudit hôpital. Une séance de travail a eu lieu en présence du staff administratif de l’HER, qui a porté sur l’évolution de l’offre des soins pédiatriques et particulièrement le développement des sous-spécialités médicales et chirurgicales, telles la néonatologie et l’hémato-oncologie. Il a également été question de la présentation des projets d’aménagement et de construction tels l’accueil des urgences médico-chirurgicales pédiatriques et le service des brûlés.

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