Véronique Lefrancq, une Belge fière de sa citoyenneté marocaine

Véronique Lefrancq, une Belge fière de sa citoyenneté marocaine

Véronique Lefrancq est une personnalité assez connue sur la scène politique en Belgique. De mère marocaine et de père belge, cette jeune femme d’une trentaine d’années compte parmi la première génération de la diaspora à obtenir la nationalité marocaine. Pour elle, il est question de citoyenneté, d’identité et de respect pour ses origines. Dés son jeune âge Véronique Lefrancq a réussi à conjuguer les valeurs de ce métissage. «Née d’un couple mixte, j’ai fait de ma diversité une richesse. Les deux cultures m’ont été transmises conjointement ce qui m’a permis de garder un certain équilibre et de cloisonner dans une seule identité», a déclaré à ALM Mme Lefrancq. Elle a une grande capacité de s’intégrer aussi bien au sein de la communauté belge que marocaine. La maîtrise de la langue ainsi que le respect des traditions à la fois arabe et occidentale alimentent sa personnalité. De par son expérience personnelle, cette Belgo-Marocaine a fait de l’interculturalité un enjeu. Présidente de la commission femmes et immigration au sein du Conseil francophone des femmes et conseillère de la vice-Première ministre belge en charge de l’Emploi, Egalité des chances et la Vie de l’émigration, Véronique a pu touché de près la place qu’occupe cette question identitaire au sein d’une société européenne. «L’interculturalité est de construire une société basée sur un ensemble de règles, à savoir la différence de l’autre et le droit à la dignité. Ce sont ces principes que la Belgique tend à défendre», nous explique-t-elle. De ce fait, des Assises sur l’interculturalité ont été lancées depuis le 21 septembre 2009. Concernant ce projet à dimension européenne, Mme Lefrancq déclare : « C’est une réflexion qui va durer une année pour définir le socle des valeurs communes et aussi le respect des différentes communautés qui coexistent. Ces assises interviennent pour dire aujourd’hui qu’au-delà d’une nationalité, la communauté issue de l’immigration a une spécificité». D’après elle, la formule n’est pas magique. Mme Lefrancq défend une seule théorie celle de «discuter ensemble de ce qui pourrait réussir une vie ensemble». C’est dans ce cadre qu’un panel d’acteurs associatifs, politiques, culturels et économiques se mobiliseront pour apporter une réflexion concrète à cette question. «Certaines sociétés occidentales ont tendance aujourd’hui à islamiser le débat sur l’identité. Je considère cela comme un dérapage flagrant au sein d’un environnement multiculturel», note Véronique Lefrancq. Et d’ajouter que «nous invitons la communauté issue de l’immigration à s’imposer sur la place publique. Au lieu de définir ces communautés par leurs origines ou confessions, il faut mettre en relief cette spécificité». En ce sujet, Véronique semble déterminée. «Je ne veux pas que mes enfants soient invisibles pour faire plaisir au monde occidental», souligne-t-elle. Véronique est mère de deux enfants qui, selon elle, sont à «trois quart marocains». En effet, elle a choisi d’épouser un Marocain gardant ainsi contact avec sa culture maternelle. En dehors de ses obligations familiales, Véronique Lefrancq s’épanouie dans le travail politique. En commentant son parcours, elle affirme : «En six ans d’exercice, je n’ai pas de regret. Car à petite échelle j’ai pu faire avancer certaines thématiques comme j’ai pu m’exprimer au sein de mon parti pour faire évoluer certaines question. Je pense que c’est le vrai métier d’un politicien». D’un grand déterminisme, Mme Lefrancq a décidé de faire bouger les réalités et palier à certaines injustices. Son pacours vers la politique n’est qu’une simple expression d’une générosité et d’une grande reconnaissance pour les deux cultures qui ont enrichi son profil.

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