15 éléments de l’autorité blessés et un mobilier urbain dévasté: Urgence de hausser le ton !

15 éléments de l’autorité blessés et un mobilier urbain dévasté: Urgence  de hausser  le ton !

Ceux qui ont suivi le derby opposant le Wydad Casablanca au Raja comptant pour la 12ème journée de la Botola Maroc Telecom en gardent des souvenirs bien plus nuls que le résultat qui les a départagés. Le plat qu’on croyait à tort digeste et appétissant s’est avéré insipide, suffoquant.

Le football, sport le plus pratiqué au monde, est une fête de grande envergure. Aucun autre sport au monde ne parvient à rassembler, comme il le fait, des personnes de tous les continents mais également de toutes les sensibilités. Comme toute autre activité sportive qui met en émulation deux parties, il y a un gagnant et un perdant. Le hasard fait que ces derniers soient plus nombreux et, a fortiori, l’expression de leur mécontentent est plus manifeste.

Le 119ème derby n’a pas voulu passer inaperçu. Il a laissé dans son sillage de graves séquelles troublantes. Les forces de l’ordre censées veiller sur la sécurité et le bon déroulement du match n’ont pas été épargnées. Pas moins de 15 éléments des forces de l’ordre ont été blessés par une grappe de pseudo supporters fous furieux. Pis, une vidéo qui a fait le tour de la Toile témoignant de la gravité de ces actes, glace le sang. Elle montre un policier mis à terre et lynché, sans retenue, par une bande de hooligans.

Les scènes de violences se sont répandues dans les artères de la ville et les zones limitrophes du stade comme une traînée de poudre. Les riverains, scandalisés par des images d’une rare violence, ont immortalisé ces scènes à travers des vidéos postées et massivement partagées sur les réseaux sociaux. On y voit clairement des vitres brisées et des voitures saccagées sans parler du mobilier urbain dévasté, bancs, poubelles et réverbères…

Sentant la nécessité d’agir rapidement, la police a procédé à 762 examens de situation et 43 arrestations dont 11 mineurs. Quant aux véhicules, trois voitures de police et 4 bus de transport en commun ont été endommagés.

Les fauteurs de trouble avaient clairement l’intention de jouer aux trouble-fête. Ils ignorent que par ces comportements ils peuvent porter préjudice à leur propre club.

En guise de rappel, au mois de septembre dernier, une rencontre opposant le Wydad au KAC Kénitra aurait pu tourner au drame. Elle s’était soldée par des actes extrêmement violents en prenant principalement pour cible la gare de Salé avant de s’en prendre aux voyageurs.
Quelques jours plus tard, la riposte de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué, l’instance avait exhorté les dirigeants et responsables des clubs nationaux à se mobiliser en vue d’interdire aux mineurs non accompagnés l’accès aux stades.

Aujourd’hui, il urge de prendre une batterie de mesures afin d’endiguer un fléau dont l’ampleur s’accentue avec le temps. Et on ne le répétera jamais assez, un match de football ne doit jamais outrepasser les limites du cadre sportif et qu’accepter la défaite de son équipe est également une victoire du fair-play.

Ce que dit la loi

Comme toute discipline, le football est aussi régi par une loi. Une loi qui vient, entre autres mesures, barrer la route à toute personne ayant pour dessein de semer la pagaille.
L’article 308 du code pénal prévoit des sanctions à l’encontre des individus qui commettent des actes de violence lors de manifestations sportives. Par exemple, pour la participation à des violences ayant entraîné la mort d’une personne, la condamnation peut aller de 1 à 5 ans d’emprisonnement et de 1.200 à 20.000 dirhams d’amende. Pour des violences ayant entraîné des blessures, la peine d’emprisonnement peut aller de 3 mois à 2 ans d’emprisonnement et de 1.200 à 10.000 dirhams d’amende.

Pourvu que ces mesures dissuadent à l’avenir tout mauvais perdant ou pseudo supporter pour que chaque personne puisse assister à un match de football dans des circonstances agréables et en toute sécurité que ce soit en famille ou avec des amis.

Tifos et incitation à la haine

C’est devenu à la mode. Avant le début de chaque match, les supporters de chaque équipe lèvent ce qu’on appelle un «tifo». A la base, ce mot dont l’origine est italienne, veut dire supporter ou être fan de. Néanmoins son utilisation va des fois au-delà du simple encouragement. Les tifos représentent également une occasion pour laisser libre cours à son imagination et marquer les esprits par la créativité. Ainsi, chaque Ultra en soulève un ou plus pour encourager davantage son équipe et épater l’adversaire. Sauf que des fois, certaines images valent plus que mille «maux»… Dimanche, les supporters du Wydad comme du Raja ont brandi des tifos comportant des clashs. Des insinuations qui auraient irrité les deux extrémités du complexe. Vraisemblablement, les messages interactifs auraient jeté l’huile sur le feu et préparer le terrain à des heurts sur les gradins et à la sortie du complexe.

 

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