Aboucharouane le prodige

Inscrire deux buts en fin d’une rencontre de Champion’s Ligue n’est pas chose aisée. Et pourtant, Hicham Aboucharouane l’a réussi et pas devant n’importe quelle équipe. Il s’agissait d’un géant du football africain, Al Ahly, qui jouait devant son public au Cairo Stadium. Ces deux buts ont permis au Raja de remonter au score pour réussir le nul en terre égyptienne (3-3).
Il est vrai que le Raja s’était assuré de sa qualification aux demi-finales de la Ligue des champions bien avant ce match. Il est vrai aussi que les Egyptiens avaient perdu tout espoir de qualification. Mais tout ceci ne diminue en rien la qualité de ce jeune attaquant, qui fait trembler les défenses les plus coriaces. A l’issue de ce match, Aboucharouane avait émis l’espoir de rencontrer une autre équipe égyptienne, le Zamalek, en finale. Cette déclaration avait pris à l’époque l’allure d’un souhait, mais quelques semaines plus tard, le souhait est devenu réalité. Visionnaire dites-vous ?
Né le 02 avril 1981, Hicham Aboucharouane n’avait qu’une seule idée en tête, jouer au foot. «Une obsession d’enfance», souligne-t-il en souriant. Et cette obsession a grandi avec le temps, façonnant un joueur talentueux, rapide et buteur émérite. Le Raja le prend sous son aile. Le grand club casablancais offre alors au jeune espoir l’opportunité de s’épanouir. Et dès son entrée, Aboucharouane n’a pas cessé d’attirer l’attention. Il sera même sacré meilleur buteur du championnat alors qu’il évoluait au sein de l’équipe juniors des Vert et Blanc. Cette consécration aura le mérite de lui ouvrir les portes de l’équipe des grands.
Aboucharouane fait désormais partie de l’ossature de l’équipe A du Raja. Il y joue pour la seconde saison consécutive, mais déjà, son nom est sur toutes les lèvres. Celles des supporters rajaouis, pour qui, ce jeune prodige constitue l’un des piliers de la formation menée par le Belge Walter Meeuws. Il compte également parmi les meilleurs attaquants et buteurs du championnat du Groupement national de football.
Une telle perle ne passe pas inaperçue. Et c’est ainsi que Baddou Zaki a fait appel à Hicham Aboucharouane pour le match amical contre le Mali, mercredi dernier à Rabat. Le sélectionneur national s’est adressé alors au jeune Rajaoui en ces termes : « L’avenir est tout rose devant toi. Tu regorges de potentialités. Il faut juste essayer de maintenir ce rythme pour préserver ton niveau actuel».
Aboucharouane est aux anges. Il va enfin faire ses preuves au sein de l’équipe nationale. Il a l’impression qu’il vient de réaliser le rêve qu’il caressait depuis tout petit. Seulement, le rêve a pris des allures de cauchemar. Malgré le caractère amical de cette rencontre, les Lions de l’Atlas n’ont pu briller et ont été battus à domicile, devant un public déçu.
Le résultat (1-3) ne reflète guère la prestation du jeune Rajaoui. Il aurait espéré faire de ce baptême du feu une occasion de signer son premier but en sélection nationale. Son regard se rembrunit à ce souvenir, mais il se rattrape très vite. «Je suis encore jeune. Je suis décidé à faire tout mon possible pour mériter tout le temps ma place en équipe nationale», ajoute-il.
Mais, à l’évocation du match retour de la demi-finale de la Ligue des Champions opposant le Raja à l’ASEC d’Abidjan à Casablanca, son regard s’éclaire. «C’est le meilleur souvenir de ma carrière footbalistique», avance-t-il.
A le voir tout ému, l’on est sûr que ce fils d’El Aounate se battra pour décrocher son premier titre, et pas des moindres, celui de champion des champions d’Afrique.

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