Affaire d’espionnage Ferrari-McLaren : McLaren joue ses titres devant le Conseil mondial FIA

Affaire d’espionnage Ferrari-McLaren : McLaren joue ses titres devant le Conseil mondial FIA

McLaren devait comparaître ce jeudi pour la deuxième fois devant le Conseil mondial de la FIA dans le cadre de l’affaire d’espionnage qui l’oppose à Ferrari et pourrait perdre sur tapis vert le fruit de sa domination en piste puisque l’écurie risque l’exclusion des Championnats 2007 et 2008.
Ironie de l’histoire, c’est à la suite de révélations faites par le double champion du monde Fernando Alonso lui-même que son équipe est une nouvelle fois convoquée.  L’Espagnol, revenu à trois points du leader, son coéquipier Lewis Hamilton, a reconnu le week-end dernier en Italie avoir confirmé à la FIA qu’il avait eu connaissance en début de saison de secrets de réglages de la F2007 de Kimi Rõikkenen et Felipe Massa, respectivement 3e et 4e du Championnat mais désormais outsiders dans la course au titre.
L’intervention d’Alonso, sous forte pression de la FIA qui a promis l’amnistie contre des informations tout en menaçant de «graves conséquences» un silence coupable, a permis à la Fédération de reprendre l’affaire en première instance alors qu’elle était déjà en appel.  Le président de la FIA Max Mosley, dont les relations personnelles avec le patron de McLaren, Ron Dennis, sont glaciales, avait en effet saisi la Cour d’appel internationale de la Fédération à la demande de l’Automobile club d’Italie, lui-même sollicité par Ferrari qui estimait ne pas avoir pu exprimer totalement son point de vue.
«Nous devons apporter un maximum de preuves pour que le Conseil mondial comprenne ce qui s’est passé, a commenté dimanche le patron de Ferrari, Jean Todt. Nous avons de nouvelles preuves à apporter et cette fois nous pourrons tout présenter.»  Le 26 juillet, un Conseil mondial extraordinaire avait en effet conclu que McLaren avait bien eu connaissance, comme l’en accuse Ferrari, d’informations confidentielles concernant la F2007, mais la FIA avait décidé de ne pas sanctionner le coupable. Le Conseil mondial avait expliqué ne pas disposer de preuves démontrant que l’équipe avait tiré profit de ces informations. C’est que le patron de McLaren, Ron Dennis, avait axé sa défense sur le fait que seul le concepteur des MP4-22 d’Alonso et Hamilton, Mike Coughlan, avait possédé ces informations provenant d’un ancien chef mécanicien de Ferrari, Nigel Stepney.
Stepney a été licencié par Ferrari, tandis que Coughlan est pour le moment suspendu par McLaren. Or, depuis les révélations d’Alonso, cette défense semble ne plus tenir la route et Dennis, «contacté par les autorités italiennes» qui traitent le volet judiciaire de l’affaire, est apparu bien abattu à Monza le week-end dernier alors que ses monoplaces étaient intouchables sur les terres de Ferrari. McLaren a d’ailleurs accusé les autorités italiennes de chercher à «gêner la préparation» de l’écurie pour le GP de Monza et pour l’audience du Conseil mondial en présentant samedi à certains de ses membres, dont Ron Dennis, l’«avis de garantie» qui prévient un individu qu’il est officiellement mêlé à une enquête judiciaire.  Quelle que soit la décision du Conseil mondial ce jeudi, elle sera susceptible d’appel. Sous la présidence de Mosley, jamais la Cour d’appel de la FIA n’a infirmé de jugement du Conseil mondial.  Or après le GP de Belgique dimanche, les écuries s’envolent pour le Japon (30 septembre), la Chine (7 octobre) puis le Brésil (21 octobre). Autant dire qu’il sera difficile de réunir tout le monde avant la fin du championnat.
 Alonso, Hamilton, Rõikkenen et Massa devraient donc terminer leur bataille pour le plus grand bonheur du public. Mais les titrés du Brésil, constructeur et pilotes, ne seront pas forcément ceux qui resteront dans les statistiques officielles de la saison 2007 une fois toutes les procédures abouties.

Igor Gedilaghine (AFP)

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *