Affaire du Calcio : verdict imminent

Affaire du Calcio : verdict imminent

Le tribunal disciplinaire de la Fédération italienne de football pourrait rendre aujourd’hui, jeudi 13 juillet 2006, son jugement dans l’immense scandale des matches truqués du Calcio, visant quatre prestigieuses équipes menacées de relégation en 2ème, voire en 3ème division. Treize des vingt-trois joueurs de la Squadra Azzurra victorieuse de la Coupe du monde évoluent à la Juventus Turin, l’AC Milan, la Fiorentina ou la Lazio Rome, les quatre clubs soupçonnés d’avoir obtenu des arbitres ou juges de touche favorables lors de plusieurs rencontres de la saison 2004-2005.
Le jugement du procès, prévu lundi dernier, puis repoussé à mardi, devrait maintenant être rendu ce jeudi, ont annoncé plusieurs médias, évoquant le lourd travail des magistrats chargés d’évaluer la position des équipes et des vingt-cinq arbitres, patrons de clubs et dirigeants de la Fédération menacés d’une suspension. Le président du tribunal disciplinaire, Cesare Ruperto, 81 ans, avait annoncé vendredi, jour de la fin des débats au Stade Olympique de Rome, que le jury prendrait entre "trois et quinze jours" pour délibérer.
Entre les avocats des clubs se plaignant d’un procès mené trop rapidement et des voix réclamant la clémence dans ce scandale en raison de la victoire italienne en Coupe du monde, Cesare Ruperto avait promis que le jugement ne tiendrait compte que des faits commis par les accusés.
Aucun joueur n’a été déféré, mais vingt-cinq personnes sont visées par des requêtes de suspension, toutes soupçonnées d’avoir fait la pluie et le beau temps sur le déroulement du championnat italien. Tour à tour, de Luciano Moggi, ex-directeur général de la Juventus Turin à Adriano Galliani, vice-président de l’AC Milan en passant par l’industriel Diego Della Valle, président honoraire de la Fiorentina, les grands noms du Calcio se sont retrouvés impliqués dans cette sombre affaire, éclaboussés par des écoutes téléphoniques où l’on discute de choix d’arbitres, de coups de main sur la pelouse et d’autres échanges de faveurs. Après la victoire en Coupe du monde de football, le débat a repris sur un possible acte de clémence pour les clubs italiens impliqués dans le scandale des matches truqués du Calcio, un ministre ayant demandé que l’on tienne compte de l’exploit des Azzurri dans la sentence. Lors d’une audition devant la Chambre des députés, la ministre des Sports, Giovanna Melandri, a une nouvelle fois réaffirmé mardi que «tout lien entre le succès des Azzurri et la justice sportive serait inopportun».
La ministre réagissait ainsi aux propos tenus par son collègue chargé de la Justice, Clemente Mastella, qui a demandé que «les juges (du tribunal disciplinaire) évaluent avec sérénité, en tenant compte de la victoire» qui a donné une quatrième Coupe du monde à l’Italie.
«La Cour doit rendre sa décision en tenant compte d’un système qui, malgré ses côtés négatifs, a fait gagner l’Italie. Les joueurs sont fils de ce système, notre football est l’expression de ce qui existait», a ajouté le ministre du gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi. Mais toute la classe politique, de la gauche au parti populiste de la Ligue du Nord, demeure toujours fermement opposée à tout acte de clémence.

 

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