Ahansal encore et toujours

Ahansal encore et toujours

Les coureurs de Zagora ont encore frappé et se sont imposés, haut la main, sur la 20e édition du Marathon des Sables. « Les gens qui courraient avec moi ont trouvé cette édition un peu plus dure que les précédentes… pas moi ! Je reconnais que ça n’avait rien d’anormal, j’ai fourni un peu d’effort et je peux dire que je l’ai parcourue assez aisément », estime Lahcen Ahansal, à l’issue de sa 8e victoire lors de cette compétition hors du commun.
C’est, ainsi, sans étonnement apparent que l’octuple champion de l’épreuve, natif de Zagora, fait part de son parcours de l’une des plus dures épreuves dans le registre des sports de l’extrême. Une partie de loisir, sans plus. C’est que Lahcen et son frère, Mohamed, sont des habitués du désert, de la canicule et des pistes rocailleuses.
Lahcen Ahansal est, par ailleurs, lié par contrat à deux sponsors, Attijariwafa et Red-bull qui lui payent, entre autres, ses droits de participation, équivalant à la moitié de la prime décrochée à l’issue de l’épreuve, soit 5.000 euros.
L’un de ses sponsors lui permet de participer à des épreuves similaires, en Libye, aux Émirats arabes unis, etc. Récemment, il a pris part, au Brésil, à une épreuve qui englobe quatre disciplines et sur laquelle sont engagés des teams de quatre athlètes. La première épreuve de natation permet au nageur de passer le relais au cycliste de l’équipe, lequel le passe, au bout de sa course, au troisième membre qui parcourt une distance en parapente, avant de le passer au coureur Lahcen.
Lahcen souhaiterait, cependant, prendre part aux divers marathons sur route organisés au Maroc, mais le manque de moyens, d’une part, ne le lui permet pas. D’autre part, une mauvaise expérience auprès de la Fédération royale marocaine d’athlétisme, à l’issue d’un stage de deux mois environ, finira par lasser notre ami, mis sous pression, qui finira par retourner parmi les siens, à Zagora, en attendant son événement favori ou l’organisation, par son sponsor, d’une compétition internationale.
Ainsi, pour la seconde année consécutive, le duo Ahansal a franchi la première la ligne d’arrivée, à 7mn 55s d’intervalle, avec un chrono de 19h 09mn 04s pour Lahcen. La vitesse moyenne des deux compères est respectivement estimée à 12,83 et 12,74 km/h, sur une distance globale de 245 kilomètres, dont une étape de 76 kilomètres. Celle-ci est l’épreuve de force du Marathon des Sables. Cette édition a également connu la participation record de 792 concurrents.
La troisième place a été l’œuvre de Lhoucine Akhdar, qui a bouclé l’épreuve en 2h 08mn 40s, avec une vitesse moyenne de 11,54 km/h. Il faut dire que seul un Français réussira à briser l’hégémonie des Marocains, Samuel Bonaudo en l’occurrence, qui a terminé l’épreuve en 2h 48mn 58s, soit une vitesse moyenne de 11,18 km/h.
A la cinquième place, c’est Mustapha Ait Amar, un autre Marocain, qui réalisera un chrono de 3h 02mn 41s, avec 11,07 km/h comme vitesse moyenne.
Pour mieux cerner les capacités des Ahansal et leur qualité d’invincibles coureurs, il n’y a qu’à jeter un regard sur la différence des chronos entre Mohamed et Lhoucine Akhda.
Chez les dames, c’est Simone Kayser Diederich, du Luxembourg, qui s’est adjugé la plus haute marche du podium. Elle a parcouru le total des épreuves en 29h 36mn 03s, soit une vitesse moyenne de 8,30 km/h. En seconde place, on retrouve la Française Virginie Thevenot, qui franchira la ligne d’arrivée 1h 07m 04s plus tard (8,00 km/h). Une autre Française, Isabelle Degrand, occupera la troisième place, à 2h 49mn 24 de la gagnante (7,58 km/h).
Il est à noter que 46 coureurs finiront par abandonner. Comme nous l’a affirmé Lahcen Ahansal, la besogne a été laborieuse pour la majorité des participants. Même les plus chevronnés reconnaîtront que ce n’était pas une sinécure. Du début jusqu’à la fin de cette édition, les médecins qui accompagnaient le marathon ont réalisé 3.146 interventions, dont 2.567 soins de pied. Quelques chiffres comme 5 kilomètres d’élastoplaste, 125 litres de désinfectant, ou encore 5.300 comprimés d’antalgique et 1.700 comprimés anti-inflammatoires, donnent une idée supplémentaire sur la nature de l’épreuve.

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