septembre 21, 2017

Ahmed Ammor remet ça

Ahmed Ammor remet ça

A peine annoncé la semaine dernière, lors de la réunion du bureau fédéral, par le président de la Fédération royale marocaine de football, Hosni Benslimane, le projet de réforme du football national est déjà sous le feu des critiques. Selon Abdellah Ben Hssain, ex-président de la commission Statuts et règlements, mais aussi ex-trésorier de la FRMF, le projet ne tient pas la route. Homme de loi, Ben Hssain sait de quoi il parle. «C’est un projet qui n’est pas viable». Et il a ses propres arguments.
Connaissant le projet, pour l’avoir vu germer, Ben Hssain avait déjà fait une lecture critique de ce qu’on appelle au sein de la FRMF le «projet Amor», avant de se taire. Selon lui, réduire le nombre des clubs du Groupement national de football de première division à douze est de nature à défavoriser la promotion de cette pratique, qui a plus que jamais besoin d’une démocratisation. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les 16 équipes qui évoluent au GNF I, 50% se situent entre Casa, Rabat et Settat. Et pas n’importe lesquelles : FAR, Raja, WAC … « Si l’on réduit ce nombre à 12 cela va restreindre le champ de la pratique du football au Maroc. Ce serait une politique anti-foot », tient à remarquer ce dernier. Autrement dit, pour promouvoir cette pratique il faudra plutôt élargir la liste des clubs et augmenter leur nombre. « Le porter par exemple à dix-huit », a souligné Ben Hssain. Après quoi, soumettre ces clubs à un cahier des charges. « On ne peut pas passer du jour au lendemain à une étape préalable au professionnalisme », a encore déclaré ce dernier. Quant à la proposition du Bureau fédéral selon laquelle les clubs sont appelés à revoir leurs statuts et leurs structures, l’ex-président de la commission statuts et règlements estime que cette proposition est inutile. « Les clubs affiliés à la FRMF ont leurs structures telles que définies par la loi. Je ne vois pas pourquoi ce changement de statuts», se demande celui-ci.
Toujours selon lui, le Bureau fédéral n’est pas apte à entreprendre des réformes. Sa responsabilité se limite à faire des suggestions. Tout projet, quelle que soit sa nature, doit être soumis à une assemblée générale qui doit décider de son sort. « Le bureau fédéral ne peut que suggérer et c’est à l’AG que revient le pouvoir de décision », tient-il à souligner. Concernant le fond du projet, Ben Hssain n’y va pas par quatre chemins. « Il ne faut pas faire n’importe quoi». En clair, pour qu’elle soit plus globale, la politique de réforme du football doit émaner beaucoup plus d’une volonté politique. « Le Bureau fédéral n’est qu’un organe technique. C’est aux pouvoirs publics d’établir une vraie politique de foot. Est-ce qu’ils veulent l’amateurisme ou le professionnalisme ? ».
La FRMF, en tant qu’instance dirigeante, devra, elle, focaliser ses actions dans la sensibilisation des différents acteurs, clubs, sponsors, collectivités locales… et faire impliquer ces derniers dans la gestion de la chose footballistique. Aussi, mettre en place les moyens financiers et techniques nécessaires à la promotion de ce sport, notamment à travers la création des écoles, des centres de formations…. À en croire les propos de Ben Hssain, le professionnalisme au Maroc, ce n’est pas pour demain. « On tourne au rond. Je ne vois pas pourquoi on est resté épileptique sur le même projet. C’est de la démagogie pure », glisse-t-il. Une chose est sûre aujourd’hui, c’est que le ballon rond national est malade et il a besoin d’un remède de cheval. Le championnat national ne compte que 18 000 licenciés. Autre constat alarmant : notre championnat n’arrive plus à exporter des joueurs à l’étranger.
Noureddine Naybet est le dernier à avoir fait ses débuts au Maroc, avant de commencer une grande carrière professionnelle à l’étranger. Et il va bientôt raccrocher ses crampons.

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