Alami et El Aynaoui qualifiés

Le premier tour du Grand Prix Hassan II, dont les matchs se déroulent au Complexe El-Amal de Casablanca a réservé pour le public marocain une journée de mardi bien particulière. Et pour cause, les trois mousquetaires et porte-drapeau du tennis national y ont disputé leurs premières rencontres du tournoi. Le match qui a le plus attiré l’attention a incontestablement été le duel « fratricide » entre les frères ennemis, Hicham Arazi et Karim Alami. Déjouant tous les pronostics qui favorisaient Arazi, plus en forme, Alami a remporté le match par deux manches 7-6 (7-5) et 6-3.
Un premier jeu impeccable de la part de Karim a d’emblée donné la direction qu’allait prendre la rencontre. Le premier set, très disputé, a donné lieu à de beaux échanges. Nettement plus calme et profitant de la nervosité de son adversaire, avec un fort appui du public présent, Karim n’a pas eu trop de mal à remporter le deuxième set par 6-3. « Le tirage nous a fait du tort en m’opposant à mon meilleur ami, Hicham. Surtout pour une rencontre au Maroc. C’est embêtant mais c’est le sport. On essaye chacun de son côté de se battre…Je suis par ailleurs content d’avoir disputé ce match sans avoir trop manqué de concentration et avec un même rythme », nous a-t-il déclaré en fin de match. Même avec cette victoire, Alami semble loin d’avoir récupérer toutes ses forces. « Depuis un an et demi, je n’ai gagné que 6 ou 7 matchs. Ce qui affecte sérieusement ma confiance en mes capacités. J’espère pouvoir repartir sur de nouvelles bases après ce match ». Il s’agit de la septième confrontation entre ces deux artistes et la seconde sur terre battue marocaine après celle d’Agadir en 1995, gagnée par Arazi. Ce dernier dispose en effet d’une large avance sur Karim puisque c’est le gaucher qui mène au score avec quatre victoires à deux sur l’ensemble des matchs disputés. Fidel à sa nature sympathique, Alami n’hésitait pas à applaudir une belle action de son rival. Il s’est également livré, à l’issue de la rencontre, à un échange de balles avec deux de ses supporters.
L’autre match phare de la journée a mis aux prises le numéro un national et numéro 12 dans le classement ATP, Younès El Aynaoui et le Français Nicolas Coutelot. Manifestant son engagement social, le Marocain a fait son entrée sur les courts en portant, toujours, le pin’s de solidarité avec les plus démunis d’entre nous. Un pins qu’il porte depuis le lancement de la compagne contre la pauvreté au Maroc et qu’il affiche fièrement même dans les plus grands tournois au monde. Tenant à réaliser un rêve qu’il caresse depuis plus de 10 ans, celui de remporter le titre du Grand Prix Hassan II, Younès y va doucement mais sûrement, réussissant son passage au deuxième tour par une victoire de 6-2 et 7-6 (7-3).
Ayant bien entamé sa rencontre dans la première manche en prenant d’entrée le service du Français, Younès a sauvé ainsi les têtes de série de l’hécatombe puisqu’il est le premier des huit meilleurs au classement de cette édition à passer, non sans quelques difficultés dans la seconde manche où il a dû recourir aux tie-break pour assurer sa qualification. Sa déconcentration dans certains moments et ses maladresses allaient lui coûter cher. El Aynaoui a dû sortir son meilleur tennis pour venir à bout de son rival au jeu décisif. « Tout se passait bien. Je me voyais déjà gagner, chez moi et devant mon public. C’est ce qui a fait que je me suis relâché en fin de partie. Il va falloir gérer toutes ses émotions à l’avenir. C’est un tournoi très important pour moi. J’ai envie de donner le meilleur de moi-même afin de l’emporter, mais et il ne faudrait pas que ça devienne un fardeau, une tension qui pèserait sur ma façon de jouer ».
Le Marocain avait auparavant promis de verser à l’association nationale des entraîneurs de tennis (ANET) la somme de mille dirhams par ace réussi durant ce tournoi. Et il en a déjà réalisé sept rien que pour sa première sortie. Des gestes qui en rappellent bien d’autres, notamment sa participation, dimanche dernier, à la marche de solidarité avec le peuple palestinien, meurtri par un bulldozer nommé Sharon.

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