Année 2005 : les Bleus sauvés par Zidane

Année 2005 : les Bleus sauvés par Zidane

Les retours en équipe de France de football de Zinédine Zidane, Lilian Thuram et Claude Makelele mettant fin à la reconstruction lancée un an plus tôt, ont constitué le tournant d’une année 2005 intense qui a offert aux Bleus leur place à la Coupe du monde 2006.
Une fête à Montpellier en août pour le retour de Zidane, une victoire décisive pour la qualification au Mondial-2006, arrachée main sur le coeur en septembre à Dublin, et une première visite historique aux Antilles en novembre: la vie des Bleus s’est brutalement accélérée en 2005. Depuis la fin de l’Euro-2004 et les départs en retraite internationale de Desailly, Thuram, Lizarazu, Zidane, puis Makelele, l’équipe de France, combative mais en panne de confiance et de leaders, accumulait les frustrations. Le paroxysme fut atteint en mars dernier en Israël où les Bleus furent rejoints en fin de match (1-1) pour leur quatrième nul en six matches de qualification.
"Et s’il revenait ?", titrait deux jours plus tard, le 1er avril, le quotidien «L’Equipe», lançant une idée folle qui ressemblait plus à une supplique qu’à la réalité du moment.
Et il est revenu. Le 3 août, via son site Internet et une campagne orchestrée par ses parraineurs, Zidane, tel Zorro, annonçait son retour pour "aider l’équipe de France". Avec Makelele et, quelques jours plus tard, un Thuram moins enchanté mais contraint d’accepter la convocation en sélection. Un coup de tonnerre, abondamment commenté mais dont les ressorts sont pourtant encore loin d’être tous connus.
Le sélectionneur Raymond Domenech a mis en avant son travail de longue haleine et ses tête-à-tête avec "Zizou". Il a aussi évoqué le rôle-clé de Patrick Vieira, coéquipier de Thuram à la Juventus Turin depuis l’été. Zidane, lui, a parlé d’une "voix" mystérieuse qui l’aurait convaincu une nuit, réfutant en bloc les éventuelles pressions familiales, commerciales ou politiques qui auraient présidé à ce qui fut l’événement majeur de l’année dans le football français.
Car plus rien ne fut pareil lorsque Zidane retrouva son N°10 tricolore et enfila un brassard de capitaine qu’il semblait désormais assumer. Il y eut d’abord la fête des retrouvailles, le 17 août à Montpellier face à la Côte d’Ivoire (3-0), prolongée à Lens contre les îles Féroé (3-0) début septembre. Il y eut surtout cette victoire capitale arrachée à Lansdowne road face à l’Eire 1-0 le 7 septembre. Les Bleus, qui écoutèrent La Marseillaise main sur le coeur en raison d’un canular dont fut victime "ZZ", n’avaient pas donné cette image d’unité depuis bien longtemps.
La suite fut plus chaotique. Avec des Zidane, Thuram et Vieira physiquement diminués, les Français passèrent par la petite porte, qualifiés pour l’Allemagne grâce à un nul en Suisse (1-1) et une victoire sur Chypre (4-0), mais aussi un nul à Dublin entre l’Eire et la Suisse (0-0). Une qualification acquise dans la douleur que les Bleus, blessés dans leur chair mais aussi dans leur fierté par les critiques qui avaient suivi leur match décevant de Berne, oublièrent de célébrer. Zidane quitta rapidement la pelouse sans saluer les spectateurs du Stade de France, Thuram s’interrogea à voix haute sur son envie de continuer en sélection.
Ce malaise a depuis été en partie balayé par l’ambiance festive que les Bleus trouvèrent à Fort-de-France, le 9 novembre, pour une première apparition aux Antilles ponctuée d’une victoire d’orgueil face au Costa Rica (3-2), trois jours avant de finir la saison invaincus devant l’Allemagne (0-0) au Stade de France.

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