Aouita dans les bras de l’Australie

La nouvelle est venue de très loin, et elle est de taille. Le directeur de l’Institut australien des sports (AIS), Michael Scott, a déclaré que son institution vient de s’attacher les services d’un marocain. Saïd Aouita. Un nom pour lequel l’expression «briller de mille feux» semble avoir été spécialement créée et qui quitte le pays pour des horizons plus dégagés. Le tout simplement précurseur de l’athlétisme marocain, voire arabe et musulman, s’en va donc en Australie. Il aura pour mission de prendre en charge des coureurs de fond. Ce n’est pas la première fois qu’Aouita choisit de s’expatrier. Parti, dans un premier temps suivre une formation aux Etats-Unis et après être rentré au Maroc, le choix du Qatar s’est fait sur lui pour entraîner ses coureurs. De retour encore une fois, il a pour ambition d’agir pour garantir la pérennité de l’athlétisme national. Sa nomination en tant que directeur technique à la Fédération royale marocaine d’athlétisme ne s’est pas faite sans dégâts. Les attaques fusaient de toutes parts, responsables, presses etc, jusqu’à ce qu’il fasse ses valises en 1994.
Le tempérament caractériel de celui qui avait honoré le drapeau national sur la scène internationale, alors que trop peu en connaissaient à peine les couleurs, semble y avoir été pour beaucoup, selon ses détracteurs. Mais quoi qu’il en soit, un homme qui détient tous les secrets de la piste vient de nous filer entre les doigts. Lui qui, en 1984 à Los Angeles, a été sacré champion olympique sur le 5000m, pour devenir, trois ans après, le recordman mondial de cette distance. C’était à Rome en juillet 1987.
Les exploits n’ont fait que commencer alors puisqu’au cours de sa carrière, Saïd Aouita a été détenteur des records du monde du 1500 m, du 2000 m, du 3000 m, et du 5000m. A nos jours, il reste le seul athlète qui a su décrocher trois fois le très prestigieux Grand Prix de l’IAAF, et ce en 1985, 1986 et 1988. Une carrière dont rêve tout athlète et qui a fait briller l’image du Maroc mieux que nulle autre. Et ce n’est pas pour rien que feu Hassan II avait déclaré que Aouita avait fait connaître le Maroc, mieux que le roi lui-même.
Un constat qui se passe de tout commentaire. Mais voilà que, malgré les innombrables tentatives de l’ex-recordman de s’introduire dans le milieu athlétique national, d’autres ont estimé qu’ils étaient mieux qualifiés pour prendre les rennes de cette discipline. Comme si avoir une aussi grande expérience, doublée d’un doctorat (PHD) en management et gestion sportive, et le tout avec un coeur qui ne bat que par et pour l’athlétisme, n’étaient pas assez pour aspirer à un poste au sein de la fédération. Etonnant. Ce qui l’est moins, c’est le fait que deux des plus grands pays au monde ont fait appel à ses services : les Etats-Unis et l’Australie. Le choix de Aouita aurait été porté sur cette dernière. Il a effectué des recherches sur le fond australien, et remarqué que «les moins de 20 ans et les moins de 16 ans ont un fort potentiel». Selon Aouita, les athlètes désignés ont besoin d’un plan de progression à long terme pour tirer le meilleur d’eux-mêmes. C’est dire que son séjour risque d’être d’une longue durée. L’ancienne star marocaine sera basée à L’institut des sports de Nouvelles Galles du Sud, à Sydney, sous un ciel autralien moins réduit que le nôtre.
Force est de remarquer à cet égard que Aouita est un nom dont on a, pour la première entendu parler, grâce à un commentateur américain à partir de Los Angeles. Un nom qui a toujours sonné mieux en anglais. Isn’t it ?

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