Arazi, l’irrécupérable

Les images de la première chaîne parlent d’elles-mêmes. Un premier plan où l’on voit les joueurs de l’équipe suisse se concerter avec leur capitaine. Une preuve de solidarité, un esprit d’équipe comme il se doit. Un second plan exprimant exactement le contraire. Hicham Arazi, prélassé confortablement sur sa chaise, le dos tourné au capitaine de l’équipe marocaine, Amine Ghissassi, l’esprit ailleurs. Dans une situation de force, cette position aurait été compréhensible, justifiable. Mais il se trouve que l’équipe marocaine, qui disputait son match barrage des plus décisifs contre la Suisse jouait son maintien en groupe mondial dans le cadre de la Coupe Davis. Que d’espoirs ont était nourris avant le week-end passé. Jouant à Casablanca devant un public qui leur été voué, El Ayanoui, Alami, Arazi, Laâraj et Tahiri avaient toutes les chances de s’imposer. Il n’en a rien été.
Le Maroc a été battu par la Suisse (3-2). Et si ce n’était l’excellente prestation de Mounir Laâraj, tennisman en qui l’on ne croyait que très peu, l’addition aurait été plus lourde. Après la défaite de Hicham Arazi (3-6, 2-6, 1-6) vendredi, El Ayanoui est venu remettre les pendules à l’heure suite à sa victoire, le même jour, sur Michel Kratochvil. Ce dernier n’avait pas encore montré toutes ses cartes, ne se dévoilant que lors du double avec son équipier Basti. Les deux l’ont emporté face à El Aynaoui/Alami (6-4, 6-1, 6-4). Le tandem marocain avait été changé à la dernière minute puisque c’est Laâraj qui devait faire équipe avec Alami. «Autant le dire en toute sincérité, l’équipe du double n’était pas la bonne. Nous aurions pu donner sa chance à Laâraj. Mais nous avons préféré opter pour l’expérience, histoire d’avoir une garantie de victoire. C’est là où il y a eu une erreur », nous a déclaré le capitaine de l’équipe nationale, Amine Ghissassi. « Que ce soit en individuel ou en double, Federer était tout simplement invincible. Il figure au top 10 mondial, ce qui en dit long sur son niveau», a-t-il expliqué. Un Federer des grands jours donc, mais aussi et surtout, sans aucune forme de résistance à même de le contrecarrer.
Menés 2-1, les Marocains espéraient, dimanche, un exploit d’El Aynaoui face à Federer. «Mais El Ayanoui n’est pas un faiseur de miracles ; encore moins tout seul», avouait Ghissassi. Le Suisse a balayé le numéro un national sur le même score que celui qu’il a réalisé face à Arazi. La bonne étoile a quitté Alami depuis longtemps déjà. Arazi, lui, paraissait sur une autre planète, préférant à la défense du drapeau national son habituelle nonchalance. Si les images précitées témoignent d’une chose, ce serait de l’absence de considération flagrante affichée par le chouchou du tennis national à l’égard de son capitaine.
Absent mentalement, accusant un manque de préparation et insouciant, Arazi a fini par noyer tout espoir de se voir un jour remonter la pente, encore moins se réconcilier avec un public qu’il a longtemps déçu et qui n’est pas encore prêt d’oublier ses antécédents en la matière. «Il n’accepte que les coachs avec qui il a l’habitude de s’entraîner. Dès qu’il cède un match, la colère s’empare de lui et il devient incontrôlable», a déploré le coach national. Mieux que ça, Arazi a décidé à la dernière minute de ne pas jouer le dernier match face à Kratochvil. Et c’est le jeune Mounir El Aarej qui a joué, et gagné, sauvant ainsi l’honneur en s’imposant par 6-2, 6-3. Maintenant que les chances du Maroc de figurer parmi les grandes nations du tennis sont nulles, l’équipe nationale évoluera dans la zone Euro-Afrique. Elle disputera son prochain match en avril prochain. Le tirage au sort, qui désignera le prochain adversaire du Maroc, aura lieu en octobre ou novembre. Il s’agit de la troisième tentative pour le Maroc de faire partie du groupe mondial, tout aussi infructueuse que les précédentes.
La fédération, consciente de cet état de fait, à commencer par les défaillances qu’accusent l’équipe nationale et ses éléments, envisage de réagir.
Serait-ce par l’implication de jeunes joueurs à même s’assurer la relève d’un Alami trop souvent blessé pour mener une carrière tennistique «normale» et un Arazi trop imbu de sa personnalité pour se corriger et gagner en popularité ? Les propos de Ghissassi, marqués par la confiance qu’il a en des jeunes comme Laâraj, et la réunion du bureau fédéral, dont la date n’a pas encore été fixée, vont dans ce sens. Le temps nous en dira plus. Mais une chose est sûre : de nouvelles bases sont à trouver.

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