Armstrong au bout du rouleau ?

Armstrong au bout du rouleau ?

Samedi dernier à Bonascre dans les Pyrénées, l’Américain Lance Armstrong a arboré un maillot jaune pâle. Le roi jusque-là incontestable du Tour de France se voit de plus en plus bousculer en tête du classement général. Le coureur de l’US Postal-Berry Floor ne dispose plus que de 15 petites secondes d’avance sur son poursuivant immédiat, l’Allemand Jan Ulrich (Team Biancchi). Mal à l’aise dans les Alpes, dominé dans le contre la montre, le Texan a craqué à 1500 mètres de l’arrivée de la première étape pyrénéenne, 13ème d’un Tour digne de son centenaire. Sa quatrième place à 1’08 vainqueur, l’Espagnol Carlos Sastre, montre bien qu’Armstrong est loin de son niveau habituel, celui qui en a fait le roi de cette prestigieuse compétition, un coureur dans la lignée d’Eddy Merx et de Miguel Endurain. Incapable d’attaquer ses adversaires, le Texan a révisé sa tactique traditionnelle. Il mise désormais sur son équipe pour mener un train soutenu dans les cols et liquider de la sorte les autres favoris. C’est ce qu’il a fait samedi dernier, se contenant dans le peloton qui comprenant tous ses adversaires, l’Allemand Jan Ulrich, le Kazakh Alexandre Vinokourov et les Espagnol Haimar Zubeldia et Iban Mayo. Son attitude dans les précédentes étapes laissait deviner un certain relâchement chez ce coureur qui a longtemps combattu le cancer qui le rongeait. Dans ses brèves confessions à la presse, Armstrong s’est laissé aller à quelques doutes sur ses capacités. Avant le départ de Toulouse (13ème étape), le Texan avoue qu’il «ne cherchera pas à attaquer mais seulement à suivre si les autres le font… enfin essayer de suivre». Samedi, Armtrong a bien essayé, mais n’a pu suivre le rythme d’un autre revenant, Ulrich, vainqueur du Tour en 1997. « Jan est LE candidat pour gagner le Tour», a estimé à juste titre Walter Godefroot, l’ancien directeur sportif de l’Allemand. Ce dernier est désormais le favori pour le sacre final sur les Champs Elysées. Il n’y a toutefois que les prochaines étapes pour le confirmer, puisque dans ce Tour exaltant, nul ne peut se targuer de certitudes. Ullrich n’a-t-il pas lui-même donné quelques frayeurs à ses supporters tout au début de la compétition ? Pour sa part et depuis le prologue, Lance Armstrong a cherché à soigner son image, à se donner de l’assurance. Ceependant, les observateurs sentaient bien que la confiance s’est évanouie. Une épée de Damoclès plane au-dessus de la tête du Texan puisque son maillot jaune ne tient plus qu’à un cheveu. Peut-être est-il un peu prématuré d’annoncer la fin du règne de ce grand cycliste. Mais c’est désormais incontestable, la souveraineté américaine a pris sa direction terminale. The End ne tardera plus à s’afficher.

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