Asie, l’Eldorado des clubs européens

Asie, l’Eldorado des clubs européens

Le Real Madrid, qui doit se rendre prochainement en Chine, au Japon et en Thaïlande, ainsi que Manchester United, qui se prête à un "Asia Tour 2005" avec des matches à Hong Kong, Pekin et Tokyo (du 23 au 30 juillet), sont presque des "vétérans" des longs voyages vers l’Asie. D’année en année, ils sont imités, à l’image, cet été, du Bayern Munich, qui va se rendre au Japon, des Français de Lyon et des Espagnols de la Real Sociedad en Corée du Sud, ou des clubs anglais d’Everton, Manchester City et Bolton qui disputent un tournoi à Bangkok.  Selon les dirigeants de ces clubs, l’équation est simple: plus ils jouent en Asie, plus les supporteurs sont nombreux et plus ces derniers dépensent.
Circonspect  Cependant, ce raisonnement laisse circonspect quelques experts qui, en plus de souligner la fatigue que ces voyages engendrent chez les joueurs, estiment que, malgré la popularité de certaines équipes, les tournées ne rapportent finalement pas davantage que des primes de participation et la vente de quelques maillots. Les bénéfices de ces tournées ne sont pas proportionnels à la popularité, explique ainsi Harry Philp, consultant d’Inner Circle Sports à Londres, qui cite l’exemple de Manchester United et ses 40 millions de supporteurs estimés en Asie. "Certes, les ventes de produits dérivés rapportent de l’argent mais, en comparaison des potentialités du marché, c’est relativement faible", explique M. Philp, qui ajoute que les clubs peuvent s’offrir de nouvelles sources de revenus avec, principalement, l’exploitation des produits dérivés (le merchandising) et la retransmission des matches sur internet. "Les clubs doivent proposer de nouveaux produits. C’est un défi pour eux: comment susciter l’intérêt et générer de nouveaux revenus", poursuit-il.
Grand marché  par ailleurs, l’Asie, un continent à la culture du football naissante, ne peut pas tout "absorber". Et, comme en Europe, seuls les clubs les plus puissants devraient tirer leur épingle du jeu.
Selon le promoteur Terry Catton, qui a notamment organisé les tournées du Milan AC et de la Juventus, il n’y a jamais eu autant d’équipes à venir se montrer en Asie."Cela va devenir difficile pour les plus petits, explique-t-il. Ce sont les vedettes qui sont désirées. Dans ce contexte, il est vraiment difficile pour les plus modestes clubs de faire parler d’eux".Selon M. Catton, les supporteurs asiatiques s’attachent plus aux joueurs, comme la superstar anglaise David Beckham, qu’aux équipes. Ainsi, les formations européennes n’hésitent pas à s’attacher les services de joueurs asiatiques, à l’image de Park Ji-sung récemment passé du PSV Eindhoven, où il fut demi-finaliste remarqué de la Ligue des Champions, à Manchester United."C’est une question intéressante, note Harry Philp. Les joueurs asiatiques sont-ils engagés pour leurs qualités de footballeur ou de vendeur de maillot ? Je suis sûr que Park a été engagé parce que c’est un bon joueur. Mais le fait qu’il soit Coréen et que la Corée est un grand marché où MU veut se développer a certainement aidé".

Talek Harris (AFP)

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *