Athlétisme : La crise refait surface

Athlétisme : La crise refait surface

En organisant en grande pompe, samedi dernier, une soirée de gala en hommage aux meilleurs athlètes et entraîneurs marocains, une première du genre dans l’histoire de l’athlétisme national, la commission provisoire de la Fédération royale marocaine d’athlétisme avait pour objectif de mettre fin aux longues années de rupture entre l’instance et les athlètes. Une manière de se réconcilier à la fois avec son passé et avec ceux-là mêmes dont elle est censée chapeauter et promouvoir les performances. Autrement dit, tourner la page pour un avenir meilleur.
Une bonne initiative qui intervient au bon moment. Car, depuis quelque temps, nos athlètes ne se sentent plus redevables vis-à-vis de leur pays, réclamant de plus en plus leurs dus et leurs primes. Mais rassembler tous nos champions au tour de la même table n’a pas été une mince affaire pour la fédération. Car à en croire certains athlètes, la famille de l’athlétisme a du mal à se réunir. Les camps sont divisés. Il y a ceux qui ont opté pour le dialogue et la négociation et dont le porte-parole n’est autre que le double champion olympique, Hicham El Guerrouj.
Lui qui a failli bouder la première réception organisée en faveur des athlètes qui ont brillé lors des Jeux olympiques d’Athènes et les Jeux Panarabes, en raisons des promesses financières non tenues de la Commission provisoire. «On a eu des discussions avec El Guerrouj pour devenir le porte-parole de ces athlètes qui étaient victimes de manipulation. Maintenant que la fédération est arrivée à un accord avec ces athlètes, je pense que tout va rentrer dans l’ordre», a tenu à faire remarquer Aziz Daouda, directeur technique national. D’autres, longtemps considérés comme des rebelles, envisagent de créer leur propre association totalement indépendante des instances dirigeantes. Le malaise est tellement grand qu’on ne sait pas qui fait quoi. Selon un ex-athlète, qui a préféré garder l’anonymat, car, selon lui, c’est le seul moyen de dire haut ce que l’on pense tout bas sans avoir peur des représailles, cette nouvelle structure regroupera non seulement des ex-athlètes, mis aux oubliettes, mais aussi des cadres et des dirigeants mis à la marge depuis longtemps. «Cette association est l’initiative d’un certain nombre d’ex-athlètes qui ont beaucoup donné à leur pays, sans aucune reconnaissance. Pis encore, pour certains d’entre nous, qui se sont convertis en entraîneurs, on veut nous mettre le bâton dans les roues. Comment voulez-vous que l’athlétisme avance », a confié un ex-athlète.
Pour le directeur technique national, il ne s’agit nullement d’exclusion ou de marginalisation. La porte est, selon lui, ouverte à tout le monde. «J’ai sollicité pas mal d’athlètes tels que Sekkah pour le cross et Hissou pour l’épreuve du 10. 000 et le semi-marathon. Le premier a décliné la proposition parce qu’il a estimé qu’il n’était pas encore temps de raccrocher les crampons. Quant à Hissou, il hésite encore », explique Daouda, ravi de voir travailler à ses côtés Nezha Bidouane, qui vient de mettre un terme à sa carrière, et Zahra Ouaâziz, fraîchement nommée entraîneur des jeunes. Cette guerre des clans s’est amplifiée depuis la mise en place, en août 2000, d’un Comité provisoire, présidé par M’hamed Aouzal. Du provisoire qui a duré quatre ans et qui, à en croire un ex-entraîneur d’un grand champion, durera encore. «Il n’y aura pas d’assemblée générale même si on dit que les actions entreprises ces derniers temps par la fédération s’inscrivent dans le cadre d’une campagne électorale visant le retour de la légitimé à la fédération. Car ceux qui gèrent maintenant l’athlétisme ont des intérêts à défendre », explique ce dernier. Pour ce cercle des athlètes disparus, un seul homme fait le bon et le mauvais temps : Aziz Daouda, directeur technique national. Une accusation qui ne date pas d’aujourd’hui, puisqu’on lui a toujours reproché de diriger, à lui seul, l’athlétisme national. «Ce sont de petits athlètes qui justifient leur faiblesse. Les grands athlètes, eux, ont passé plus de dix ans au Centre national de l’athlétisme.
Ils ont eu le temps de nous apprécier ou de ne pas nous apprécier», a répliqué ce dernier. Avant d’ajouter : « Dans l’athlétisme, il n’y a pas de place pour les sentiments car on est tenu des résultats. C’est vrai que j’ai eu des conflits graves avec de jeunes athlètes, mais mon rôle est de donner à chacun ce qu’il mérite.
L’athlétisme est un sport de mesure. Et quand je prends une décision je la prends en concertation avec les entraîneurs, les médecins et tous les autres cadres de l’institut», a tenu à préciser celui-ci.

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