Athlétisme : la relève existe-t-elle ?

Athlétisme : la relève existe-t-elle ?

Au Maroc, l’athlétisme est en plein déclin. On est loin des jours de gloire où le drapeau national flottait lors des rencontres mondiales d’athlétisme. A l’occasion des derniers championnats du monde en salle, qui se sont déroulées à Moscou, la montagne a accouché d’une souri : l’équipe nationale n’a remporté qu’une seule petite médaille : une médaille de bronze. D’une manifestation à une autre, le nombre de médailles remportées par les Marocains ne cesse de baisser. Quelles sont les causes de cette contre-performance ?
Certains parlent d’une absence de relève. Ils se demandent combien de temps faut-il encore attendre un nouveau Saïd Aouita dont l’incroyable capacité de récupération et son rythme lui avaient permis d’imposer une suprématie admirable  sur les courses allant du 800 m au 5000m qui va durer jusqu’au début des années 90 ? Un nouveau Hicham El Guerrouj verra-t-il le jour?
Cet athlète qui débuta sa carrière internationale en 1994 et s’est tout de suite imposé parmi les meilleurs coureurs de demi-fond. Et qui remporta toujours sur 1 500m, les trois titres aux championnats du monde de 1997 à 2001. Pour le directeur technique national d’athlétisme (DTN), Aziz Daouda, il ne s’agit pas d’une question de relève. Au contraire, dit-il, les jeunes athlètes capables de s’imposer au niveau mondial ne manquent pas. Mais le problème qui se pose, poursuit-il, est celui de l’encadrement. Les moyens de la Fédération royale marocaine d’athlétisme sont très maigres et ne suffisent pas pour assurer l’encadrement nécessaire. 
D’après lui, le nombre de médailles remportées par les athlètes nationaux lors des meetings internationaux, qui est de moins en moins important, ne signifie point que le Maroc ne dispose pas de jeunes pouvant assurer la relève. Selon lui, le problème est plus complexe «Lors de la première édition des jeux d’Helsinki en 1983, il n’y avait que 25 ou 26 pays participants. Aujourd’hui, on en est à une quarantaine. Auparavant, le Maroc avait plus de chance pour décrocher des médailles. Ce n’est pas le cas actuellement. Beaucoup de pays ont énormément investi pour développer l’athlétisme. D’autres se sont contentés d’importer des jeunes talents, notamment les pays du Golfe. Chez nous, malheureusement, rien n’a été fait pour doter ce sport des infrastructures et des moyens adéquats pour son développement». Il affirme que depuis des années le budget de la fédération n’a pas bougé alors que cette dernière assure l’encadrement et l’entraînement des jeunes athlètes, chose qu’en principe une fédération n’est pas censée faire.  «Au Maroc, il n’existe pas de sport scolaire et universitaire capable de déceler les futurs champions, de les orienter et de les prendre en charge comme c’est le cas dans plusieurs pays,» souligne-t-il. «Aujourd’hui, la fédération n’encadre que 150 athlètes. Si les moyens le permettaient, on en serait à 500 athlètes. Avec le peu de moyens, notre mission s’annonce de plus en plus difficile. À Ifran, par exemple, les jeunes s’entraînent dans des conditions lamentables. Un autre problème se pose : il s’agit de la pénurie de cadres dont souffre la fédération. L’institut sportif Moulay Rachid étant fermé, on sera obligé à faire appel à l’étranger en cas de départ de nos cadres», conclue-t-il. L’athlétisme marocain serait-il  a bout de souffle à cause de l’absence d’une véritable politique sportive?  Que faut-il faire pour que les jeunes talents puissent enfin donner le meilleur d’eux-mêmes ? Une chose est sûre, cette discipline a besoin plus que jamais d’un véritable coup de pousse afin que le pays puisse continuer à vibrer à chaque victoire d’un coureur marocain de demi-fond ?

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