Athlétisme : Tyson Gay, l’ange des pistes

Athlétisme : Tyson Gay, l’ange des pistes

L’Américain Tyson Gay, qui a égalé dimanche à Stuttgart la 3e meilleure performance mondiale de tous les temps sur 200 m de Frankie Fredericks (19.68), croit n’avoir aucune limite. Il affiche sa foi dans un athlétisme propre et surtout en Dieu, «mon produit dopant à moi». Il est arrivé presque sans bruit, dans le tumulte du duel estival entre l’Américain Justin Gatlin et le Jamaïcain Asafa Powell sur 100 m, puis dans le fracas déclenché par le contrôle antidopage positif de Gatlin.
Jusqu’à dimanche et son fulgurant demi-tour de piste lors de la finale du Tour mondial, Gay, 24 ans, étudiant en marketing, était tout au plus un espoir dans le riche réservoir américain et il s’en accommodait plutôt bien.
«Je n’ai encore rien gagné dans ma carrière, je n’ai aucun record, j’ai encore tout à prouver», admet Gay, qui avait volé, cet été, une petite miette au duo Gatlin/Powell sur 100 m en signant la 3e performance de la saison (9.86) alors qu’il plafonnait à 10 sec 08/100 en 2005.
«Je suis un gars humble, pas un provocateur ou un macho comme on a pu tant en voir dans le sprint ces derniers temps. Je suis dans la vie comme je suis sur une piste d’athlétisme, simple, respectueux des autres et heureux dans la victoire comme dans la défaite», affirme le natif de Lexington (Kentucky). Champion universitaire américain 2004, Gay a le biceps apparent, héritage de sa période "football américain" au lycée, mais c’est sa foi qu’il préfère mettre en avant. «Un jour, ma mère m’a dit: "Tu seras un homme bon si tu crois en Dieu, celui qui peut marcher sur l’eau". Moi, je ne veux pas courir ou marcher sur l’eau, je veux juste être un homme bon», martèle Gay, quatrième as du carré américain qui avait écrasé le 200 m des Mondiaux-2005 à Helsinki.
«Je crois que je n’ai aucune limite, parce que je crois en Dieu et qu’il me donne toute ma force », ajoute-t-il sous le regard de Frankie Fredericks, champion du monde de 200 m en 1993 sur cette même piste de Stuttgart et dont il a égalé le meilleur chrono.
Le Namibien est un modèle. «Son palmarès, mais surtout le respect qu’il inspire en tant qu’homme, sont une source d’inspiration pour moi», affirme ce passionné de grosses voitures américaines, fier propriétaire d’une Plymouth Satellite de 1970.
Fredericks salue l’éclosion de cette nouvelle génération de sprinteurs: «Poussés par leur rivalité, Tyson et Xavier Carter (2e meilleure performance de tous les temps en 19.63 cet été, ndlr) peuvent descendre en 19.50, puis en 19.30».
«Ils sont ce qui pouvait arriver de mieux à notre sport», ajoute-t-il en référence au traumatisme causé par le contrôle antidopage positif de Gatlin. Concernant Gatlin, qu’il dit admirer, Gay adopte le discours convenu et un rien embarrassé de beaucoup d’athlètes américains : «Toute personne est innocente tant qu’il n’y a pas des preuves irréfutables».
«Je sais que je n’ai pas eu besoin de me doper pour le battre dans le passé. Mon produit dopant, c’est Dieu», sourit-il.

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