Bidouane : Certains ont la mémoire courte

Bidouane : Certains ont la mémoire courte

ALM : Après plusieurs mois d’absence, vous allez effectuer votre retour sur la scène athlétique internationale, samedi prochain, lors du meeting international de Dakar, en tant qu’invitée d’honneur, alors qu’en principe vous deviez y participer. Pourquoi ce changement de dernière heure ?
Nezha Bidouane : Normalement, je devais prendre part à cette rencontre, mais j’ai eu une petite blessure au niveau du mollet. Du coup, j’étais obligée de renoncer à ma participation. Et c’est à ce moment-là que les organisateurs m’avaient proposé d’être l’invitée d’honneur de ce tournoi, car c’est à Dakar, en 1992, où j’ai commencé ma carrière internationale. Les responsables sénégalais veulent faire de ma participation un outil de promotion et de vulgarisation de l’athlétisme chez les jeunes sénégalais et sénégalaises.
Et ça va mieux là ?
Oui, Dieu merci. Dernièrement, j’ai repris mes entraînements et j’espère que je serai prête pour les prochains Jeux Olympiques d’Athènes.
Jusqu’à maintenant vous n’avez disputé aucune compétition officielle, alors que les Jeux Olympiques s’approchent. À quand votre première sortie ?
Avant les Jeux Olympiques d’Athènes, je compte prendre part à quelques rencontres qui figurent dans le calendrier des grands Prix et qui vont bientôt commencer. Pour moi, ce sera une occasion pour me situer par rapport aux autres athlètes et, partant, avoir une idée sur mes potentialités.
À 35 ans, croyez-vous que vous avez encore les moyens de rééditer le même exploit des deux championnats du monde, Athènes 97 et Edmonton 2001?
De toute façon, ce ne sera plus comme avant. J’ai déjà glané des titres, deux fois championne du monde à Athènes et à Edmonton. J’ai raté de peu celui de Séville en 1999. Je vais bientôt mettre un terme à ma carrière. Je ne vais pas à Athènes avec comme objectif une place sur le podium. L’essentiel pour moi c’est la participation. Le reste ce ne sera qu’un plus.
Comme le tennis, l’athlétisme souffre du problème de la relève. Vous, en tant qu’athlète expérimentée, comment expliquez-vous cette situation ?
Je ne pense pas. Au contraire, nous avons de jeunes athlètes prometteurs à l’Institut d’athlétisme. Les résultats enregistrés ces derniers temps en témoignent. Ce que tout le monde ne sait pas c’est qu’il faut du temps pour avoir un grand athlète. Si on prend mon exemple, j’ai mis huit ans pour atteindre le niveau international.
Justement, lors de «La nuit des stars», organisée par notre confrère «Al Mountakhab», vous avez déclaré que les jeunes athlètes ont, plus que jamais, besoin du temps, de l’aide et du soutien des médias et des journalistes. Ne pensez-vous pas que c’est, plutôt, le public marocain qui est devenu un peu exigeant, vu les performances réalisées par Aouita, Guerrouj, Bidouane, Sekkah, Ouaâziz… ?
Certainement. Mais je vais vous dire une chose c’est que certaines personnes ont la mémoire courte. Ils ont oublié que nos grands champions ne sont pas arrivés au niveau mondial comme par hasard. Ils ont parcouru un long chemin semé d’embûches. L’athlétisme, c’est un travail de longue haleine. C’est pour cela, j’ai dit, ce soir-là, qu’il faut laisser du temps pour ces jeunes. Les aider et les encourager, et non pas les détruire. Quand on voit comment les journalistes étrangers parlent de nos athlètes, cela nous conduit à mener un certain nombre de réflexions. D’ailleurs, cette soirée-là, il y avait tout un parterre de journalistes venus faire un reportage sur notre athlétisme. Cela veut dire qu’il y a une certaine reconnaissance de la part des médias étrangers, alors que chez nous, c’est, plutôt, le contraire qui se passe. Autre exemple, juste après la fin des Championnats du monde de cross country qui se sont déroulés à Bruxelles, une athlète belge, d’origine marocaine, qui a terminé 48e de sa discipline, a été reçue par la princesse belge en personne.

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