Blatter sur la sellette

«La FIFA est aujourd’hui dirigée comme une dictature ». C’est en ces termes simples mais révélateurs que le secrétaire général de la FIFA Michel Zen-Ruffinen a introduit son rapport de 21 pages remis vendredi au comité exécutif de la FIFA et publié dimanche. Un rapport où Zen-Ruffinen explique que la mauvaise gestion et la faillite de la société de marketing de la FIFA ISL/ISMM a coûté plus de 500 millions de dollars à l’organisation.
Selon lui, Blatter a effectué à plusieurs reprises des paiements non autorisés, incluant un chèque de 25.000 dollars adressé à l’arbitre nigérien Lucien Bouchardeau pour apporter des informations sur Farah Addo, le délégué qui avait mis en cause Blatter lors du scrutin le portant à la présidence en 1998 à Paris.
Au chapitre des abus de pouvoir du président, Zen-Ruffinen a accusé Blatter d’avoir effacé en 1999 les 9,75 millions de dollars dus à la FIFA par la Fédération de football des Caraïbes, d’Amérique du nord et d’Amérique centrale (CONCACAF), sans véritable raison. En 2000, il aurait ensuite ignoré les procédures habituelles en autorisant le versement d’un million de dollars à la CONCACAF dans le cadre du programme « Goal » pour la promotion du football dans les pays en voie de développement. Un programme qu’il aurait détourné afin de servir ses intérêts personnels. Blatter aurait aussi arrangé le versement de 55.000 dollars à l’ancien président de la FIFA, le Brésilien Joao Havelange. « On peut se poser des questions sur le vrai fondement de ces paiements », a écrit Zen-Ruffinen. Blatter, avant de s’envoler pour une visite en Chine et en Corée du Nord, s’est déclaré outragé. « Il est évident que la confidentialité ne peut être assurée à l’intérieur de notre organisation », a-t-il déclaré sur le site internet de la FIFA. « Ce développement, pour lequel je n’accepte aucune responsabilité, est un acte d’accusation contre les méthodes de ceux qu’il implique », a-t-il poursuivi à propos de Zen-Ruffinen. Corroborant les affirmations du secrétaire général,, le président de l’Union européenne de football (UEFA), Lennart Johansson, a même demandé à Blatter de se retirer. « Le témoignage de Michel Zen-Rufinen est clair et très sérieux. Afin de restaurer la crédibilité de la FIFA, il est maintenant nécessaire que M. Blatter se retire » a-t-il déclaré. D’autres membres influents de la FIFA ont également crié au scandale et demandé la démission du président actuel de cette instance. La démarche de Johansson apparaît destinée à maintenir la pression sur Blatter qui a déjà fait savoir qu’il n’avait nullement l’intention de renoncer à ses fonctions et que seul le congrès était habilité à démettre le président.
Déterminé à se battre jusqu’au bout, Blatter, 65 ans, a demandé aux 204 fédérations de la FIFA de ne pas se laisser influencer par les accusations qui pèsent sur lui, et de lui renouveler leur confiance pour quatre ans supplémentaires.
Le président de la Confédération africaine de football (CAF), le Camerounais Issa Hayatou, sera le seul adversaire de Blatter lors de l’élection du nouveau président de la FIFA le 29 mai prochain à Séoul, à la veille de l’ouverture de la Coupe du monde.

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