Cavendish, homme de l’île de Man, homme de sprint

Cavendish, homme de l’île de Man, homme de sprint

Personne ne pourra plus dire que Mark Cavendish n’est pas encore un vrai sprinteur.
Son succès de Châteauroux va probablement couper le sifflet à ceux qui en Grande-Bretagne l’ont toujours considéré comme une grande gueule parfois arrogante et ravir ceux qui l’ont d’emblée vu comme un pur talent au franc-parler assumé. «En Grande-Bretagne, souligne Cavendish, il y a une tendance à dévaloriser la performance des champions. Je fais partie des meilleurs sprinteurs mais on m’a souvent fait comprendre que je n’en serai un vrai que lorsque que j’aurai remporté une étape au Tour de France. Et bien, c’est fait !». Trop heureux de faire taire les médisants, le brun bouclé de la petite île de Man. Pays celtique de traditions gaëliques, l’île de Man compte 56.000 habitants sur une lande de 570 km2, au milieu de la mer d’Irlande, et a un drapeau bizarre. Mais prédestiné pour un cycliste: trois jambes sur fond rouge. Man est un vivier du cyclisme britannique, principalement à cause du faible trafic automobile et de son aspect vallonné. «Fort caractère», selon son directeur sportif Rolf Aldag, Cavendish n’est pas un inconnu chez les hommes forts. A 23 ans, anniversaire qu’il a fêté sur le Giro par deux victoires d’étape, «Cav» (son surnom) a déjà engrangé une grosse quinzaine de succès, dont onze en 2007 pour sa première année avec les pros chez High Road (devenu Columbia).
Pas vraiment taillé comme Thor Hushvod, Cavendish se place plus dans le registre du petit bagarreur, à la Robbie McEwen. L’Australien de Silence se reconnaît d’ailleurs un peu dans ce Britannique atypique. «Sa façon de sprinter me rappelle beaucoup la mienne, dit McEwen. Il a les gènes pour ça. De toute façon, il les faut pour aller frotter à 70 km/h». Le Manxois ne la joue pas perso. Il a passé une bonne partie de son temps d’interview à rendre hommage à son équipe, à sa façon : «Avec des gars qui travaillent aussi bien, c’est impossible de ne pas être le meilleur». Encore tendre sur route, le double champion du monde de l’américaine avec Bradley Wiggins en 2008 et Rob Hayles en 2005, doit digérer son récent Giro, qui va peut-être laisser des traces sur le Tour en deuxième semaine, en montagne, loin des terrains de jeu tout plats des sprinteurs. Après le Tour, il y aura les JO où il voudra briller sur la piste parce qu’il est un gagneur-né. L’or, il connaît. Outre ses titres mondiaux, il a remporté le titre de la course scratch aux jeux du Commonwealth en 2006 sous les couleurs de Man, l’île aux trois jambes.

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