Champion et Manager

Champion et Manager

Inhabituel, impressionnant, démesuré…les superlatifs décrivant le CV de Khellafi semblent introuvables. Du ring aux plateaux de tournage, Idriss n’a pas besoin de pont pour traverser. Il est tout aussi doué pour le combat que pour l’incarnation de différents rôles aux côtés de grands noms du cinéma comme Gérard Depardieu, Yves Montand et Catherine Deneuve dans «Le choix des armes». Il a également joué avec Claude Brasseur dans «Souvenir, souvenir». Mais qui est Idriss Khellafi ? C’est un natif de la ville d’Oujda, il y a près de trente-sept ans. Après une enfance misérable dans sa ville natale, il immigre en France pour y rejoindre son père. C’est ainsi que Khellafi allait atterrir dans un HLM de Saint-Denis, dans la banlieue parisienne. Une carrière simultanée commence pour l’enfant de l’Oriental, le parcours sportif et la scolarité. Les cités françaises étant infectées de nombreux maux notamment à l’égard des immigrés, le futur champion comprit très vite que le sport constitue le remède idéal face à cet état de choses. Le football fut son premier choix avant de passer dans un club de boxe anglaise mettant tôt un terme à sa carrière footballistique qu’il avait entamée à Canterburry, club anglais de quatrième division. Désormais, Idriss est paré pour les différents sports de combat. Mais en parallèle, les études continuaient jusqu’à ce qu’il décroche un diplôme de technicien qui le mènera tout droit dans une usine de sidérurgie. Mais c’est finalement sa passion pour le combat qui finira par emporter le dessus. Khellafi est cinq fois sacré champion du monde de kick-boxing entre 1996 et 2003. Dans cette discipline, il compte 57 victoires dont 37 par KO. En boxe, il est titulaire de trois titres de champion de France envoyant au tapis 35 adversaires dont 22 par KO. En ce qui concerne la boxe anglaise (amateur et professionnel), Idriss s’est érigé en un véritable étalon en arrachant 29 victoires dont 18 par KO.
Et là apparaît la particularité du personnage puisque, à côté de l’art de combattre, il a intégré le monde des affaires. «je me suis retrouvé dans le monde des affaires à un âge très jeune. Malheureusement, j’étais pris à 100% par la boxe», explique Idriss qui a travaillé également comme agent de sécurité chez Marionnaud, grand discounter en parfumerie. «Lorsque mon contrat fut achevé, j’ai envisagé de reprendre la boxe à laquelle j’ai consacré 30 ans de mon existence. La société m’a sponsorisé pour le championnat du monde. J’ai remporté cinq titres mondiaux dans plusieurs catégories, une première chez les boxeurs franco-marocains», confie Idriss en souriant. Le 5 août 2002, l’Oujdi est appelé à défendre sa ceinture de champion du monde en kick-boxing contre le Russe Stanislas Terentiev. Cela s’était passé à Agadir où Khellafi allait exercer son art devant ses compatriotes.
L’adversaire russe s’était montré très coriace mais il finira par jeter l’éponge à la septième reprise devant les coups meurtriers du Marocain. Ce qui n’a pas empêché notre champion vainqueur de sortir grièvement blessé à l’issue de ce combat. «J’ai frôlé l’amputation, mais je m’en suis tiré grâce à un chirurgien très compétent», se souvient Idriss. Après cette opération, c’est la profonde déprime. En plus de la blessure grave, le champion a été atterré par les coups bas et les méchancetés proférés à son égard par certains sportifs jaloux. Il avait même décidé de quitter le Maroc une bonne fois pour toutes et de ne plus combattre. Mais il allait être reçu par SM le Roi Mohammed VI à qui il avait dédié sa ceinture et son peignoir de champion du monde. Et là, il s’est senti «très Marocain». Cette rencontre avec le souverain l’a complètement changé. Du coup, il décide de s’installer définitivement au Maroc. Khellafi convainc Marionnaud de s’implanter au Maroc et le champion se chargera de cette mission. Idriss Khellafi est également impliqué dans plusieurs actions en faveur des associations des quartiers populaires. Directeur de Marionnaud, au mois de juin prochain, il remontera quand même sur le ring devant le public casablancais cette fois-ci.

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