Comment la drogue circule dans nos écoles

Comment la drogue circule dans nos écoles

L’alerte est levée. Une nouvelle drogue, connue sous le nom de «strawberry quick», circule rapidement et donc très dangereusement dans les cours d’école. Méfiez-vous de tout ce qui brille. Le « bonbon», par qui le scandale arrive, «scintille», «grésille» et «sautille dans votre bouche». Cela sent la fraise et les malheureux élèves qui ont eu l’occasion d’y goûter ont du mal à résister. Ils ingèrent cette drogue en pensant que c’est un bonbon et se précipitent rapidement vers l’hôpital dans un piteux état. Les parents d’élèves ne savent plus à quel saint se vouer. Ils s’affolent, s’apitoient sur le sort de leur progéniture, et s’interrogent, la mort dans l’âme, comment l’école, symbole de savoir et de lumières, puisse se transformer, en plate-forme de toutes sortes de trafic. Mohamed Qnouch, président de la Fédération des associations de parents et tuteurs d’élèves, tire la sonnette d’alarme. «L’école se situe au cœur de la société et, par voie de conséquence, elle n’est pas à l’abri des phénomènes qui traversent la société», a-t-il certes admis. Mais «la victime, ici, est une population très vulnérable sur le plan psychologique: les enfants et les jeunes en milieu scolaire», met-il en garde (voir l’entretien ci-contre). Que faut-il, alors, faire pour mettre les élèves à l’abri de ce poison ? Contacté par ALM, un responsable régional du ministère de l’Education nationale, qui a souhaité ne pas être cité, annonce la préparation d’une campagne de sensibilisation sur le danger. «Toute campagne de sensibilisation, si elle est menée à bien, elle ne peut être que bénéfique», acquiesce le président de la Fédération des associations des parents d’élèves. Une circulaire serait en voie de préparation pour alerter les parents d’élèves sur le danger. Parfait. Seulement voilà, «la sensibilisation n’est pas suffisante», objecte Mohamed Qnouch. Une mobilisation tous azimuts s’impose pour sauver les meubles (de nos écoles). Ou ce qui en reste. M. Qnouch insiste sur l’implication de toutes les parties concernées par l’affaire : familles, élèves eux-mêmes, acteurs pédagogiques et administratifs, élus et autorités publiques. A noter, en passant, qu’une enquête policière est menée actuellement pour déterminer les auteurs, le mobile et les circonstances de circulation du «bonbon» incriminé. Au-delà du «bonbon» au goût de fraise, et des résultats auxquels peut donner lieu l’enquête en cours, il y a cet attrait fatal que continue d’exercer la drogue généralement sur nos élèves. Le mal ne disparaîtra, donc, pas avec la disparition du «bonbon» suspect, ni avec la traduction de ses confectionneurs, ou plus encore ses trafiquants, devant la justice. «Il faut traiter le mal à la racine», estime un psychiatre. Et ce traitement tant souhaité passe, nécessairement, par trouver des réponses à un «festival» de questions lancinantes: pourquoi de plus en plus d’élèves s’adonnent, aujourd’hui, à la drogue? Le recours à la drogue est-il lié au désespoir que suscite la faillite du système éducatif lui-même ? L’inquiétude quant à l’efficacité déficiente de ce système et ses retombées négatives sur la possibilité d’emploi y sont-elles pour quelque chose ? Le contenu pédagogique dispensé actuellement contribue-t-il, réellement, à forger un esprit sauf et autrement vacciné contre la délinquance qui guette nos écoles? La détérioration des conditions sociales, en général, n’a-t-elle pas une part de responsabilité dans le dérapage ambiant ? Beaucoup de questions qui se bousculent dans la tête restent en suspens. Une chose, cela étant, est sûre et certaine : la propagation galopante de la drogue dans nos écoles est à interpréter à la lumière de la faillite du système éducatif national en entier. Car, au-delà de la drogue, d’autres fléaux viennent assombrir davantage le tableau. Le fléau de la prostitution qui prospère à la porte de nos écoles vient en rajouter à la crise des valeurs que connaît notre école.

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